1er tour des élections municipales: Les quinze villes à suivre

POLITIQUE Dans le viseur du FN, convointées par la gauche ou par la droite, retrouvez les villes qui devraient faire l'actualite dimanche soir pour le premier tour des élections municipales....

Maud Pierron

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Une personne insère un bulletin de vote dans un urne
Une personne insère un bulletin de vote dans un urne — Franck Fife AFP

Reims (Marne)

Dans son viseur, l’UMP a très vite placé la cité de Champagne-Ardennes en bonne place. Parce qu’en 2008, Reims avait basculé à droite alors que deux ex-ministres UMP s’affrontaient. Le jeune député UMP Arnaud Robinet veut faire oublier cet épisode et d’après un sondage, il l’emporterait au second tour au terme d’une triangulaire avec le FN. Mais Adeline Hazan n’entend pas laisser sa place et mène campagne en défendant bec et ongles son bilan.

Perpignan (Pyrénées-Orientales)

La capitale des Pyrénées-Orientales fait partie de ces villes que le FN avait ciblées. Mais si Louis Aliot mène une campagne active, de terrain, il ne devrait pas faire le poids au second tour face au maire sortant UMP Jean-Marc Pujol. Mais le score du vice-président du FN, par ailleurs compagnon de Marine Le Pen, sera regardé à la loupe. Une certitude déjà: il devrait améliorer son score de 2009, où il ne s’était pas qualifié pour le second tour.

Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

C’est le retour de la guerre des droites. Le maire sortant UMP Pierre-Christophe Baguet se représente, avec le soutien de son parti. Et son principal adversaire n’est pas un socialiste, mais Pierre-Marie Duhamel, un UMP dissident. Dissident, mais soutenu par Alain Juppé, qui s’est même rendu dans la ville, ou encore le député UMP Thierry Solère. Le maire sortant, lui, peut se targuer du soutien de Patrick Devedjian, le patron du 92. Le candidat du PS, Pierre Gaborit, est en embuscade, au cas où…

Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)

Steeve Briois pourrait récolter cette année le fruit de son enracinement à Hénin-Beaumont et des affaires qui touchent cette commune déshéritée du Pas-de-Calais. D’après un sondage Ipsos pour France 3, le candidat FN arriverait en tête au premier tour et au second tour, dans tous les cas de figure dans cette ville dont le FN a fait son laboratoire.

Amiens (Somme)

Suspense à Amiens: la gauche et la droite sont au coude-à-coude. La ville avait basculé à gauche en 2008 à la surprise générale et l’UMP compte bien reprendre une mairie qu’elle avait gérée pendant 20 ans (1989-2008). Sur le terrain, les esprits s’échauffent et le FN pourrait être l’arbitre de ce scrutin, en se qualifiant au second tour.

Strasbourg (Alsace)

L’UMP Fabienne Keller va-t-elle prendre sa revanche sur Roland Ries (PS) qui l’avait battue en 2008? Localement, c’est très serré, un sondage donnant d’ailleurs les deux listes à égalité au second tour. Ce sera très certainement «l’abstention différenciée», c’est-à-dire la différence de mobilisation entre les électorats de gauche et de droite, qui feront la différence. En tout cas, une victoire à Strasbourg (Alsace) donnerait des couleurs un peu plus chatoyantes à une éventuelle vague bleue.

Toulouse (Haute-Garonne)

C’est l’une des villes dont le résultat sera surveillé de près par les états-majors du PS et de l’UMP. La mairie est dirigée par le socialiste Pierre Cohen mais Jean-Luc Moudenc, l’ancien maire UMP, est une menace très sérieuse. Mais les derniers sondages donnent le socialiste vainqueur. Attention toutefois à la dispersion des voix de gauche puisqu’il y a cinq listes en lice au premier tour.

Marseille (Bouches-du-Rhône)

Avec Paris, Marseille dont on entend le plus parler. Logique, puisque cette fois, le PS croit vraiment en ses chances de ravir la mairie de Marseille, toujours dirigée par l’UMP Jean-Claude Gaudin. A 75 ans, le maire sortant, qui sollicite un quatrième mandat, pourrait souffrir de l’usure du pouvoir face à un Patrick Mennucci qui a toutefois eu du mal à faire l’union des socialistes. Tout pourrait se jouer dans le 3ème secteur: si la socialiste Marie-Arlette Carlotti l’emporte, Marseille pourrait basculer à gauche.

Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

Le combat de trop pour l’UMP Maryse Joissans? La maire sortante, en lice pour un troisième mandat, ne fait même pas l’unanimité dans son propre camp. Et les «affaires» pourraient jouer un rôle. En effet, son adversaire socialiste Edouard Baldo l’attaque sur ce point, rappelant qu’elle a été placée en garde à vue en décembre dernier pour une affaire d’emplois présumés fictifs.

Saint-Etienne (Loire)

Là encore, le FN pourrait arbitrer le duel entre l’UMP et le PS. Car le maire sortant socialiste Maurice Vincent apparaît en difficulté par rapport à la liste menée par Gaël Perdriau mais la qualification du candidat frontiste au second tour handicaperait l’UMP.

Avignon (Vaucluse)

Dans une région (PACA) où le FN pourrait faire ses meilleurs scores, Avignon pourrait tomber dans l’escarcelle du PS, qui profiterait d’un climat local plutôt délétère et d’une succession qui se passe mal. En effet, la maire sortante, Marie-Josée Roig, impliquée dans une affaire d’emploi présumé fictif, a décidé de ne pas se représenter pour un 3ème mandat. Elle a désigné son successeur Bernard Chaussegros, mais il ne fait pas l’unanimité au sein de l’UMP. Du coup, la socialiste Cécile Helle pourrait en tirer profit, d’autant plus si le FN entraîne l’UMP dans une triangulaire.

Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne)

Un an après l’affaire Cahuzac, l’ombre de l’ex-ministre des Finances plane toujours sur la ville du Lot-et-Garonne. Lors de la législative partielle organisée l’an dernier, le FN, arrivé en tête au premier tour, avait fait un joli score, alors que son candidat était novice et peu connu. Etienne Bousquet-Cassagne espère rééditer la même performance. Le scrutin semble difficilement lisible: la majorité socialiste sortante est concurrencée par une liste menée par un divers gauche, mené par un très proche de Jérôme Cahuzac. Mais à droite, la liste UMP doit aussi faire face à une dissidence…

Le Havre (Haute-Normandie)

La ville est aux mains de l’UMP et Edouard Philippe, le maire sortant, entend bien le rester. Sauf que l’homme a succédé il y a trois ans à l’emblématique Antoine Rufenacht et qu’il ne dispose pas encore de sa popularité. La preuve, il avait été élu de justesse aux législatives. Le PS, avec Camille Galap, espère bien empocher les clés de la mairie.

Fréjus (Var)

Pour le candidat FN David Rachline, la situation est idéale: le maire sortant UMP Elie Brun a été condamné en début d’année pour prise illégale d’intérêt mais il se représente… alors que son parti l’a lâché et investi un autre candidat. En face, la candidate PS Elsa di Meo aimerait bien tirer parti de la situation mais la ville est (très) loin de pencher à gauche et le FN est donné vainqueur par les sondages.

La Rochelle (Charente-Maritime)

Souviens-toi des dernières législatives… Le duel Falorni-Royal avait marqué les esprits en 2012 à La Rochelle et la même brise de division interne souffle sur le scrutin municipal. Maxime Bono, le maire PS, tire sa révérence et c’est la jeune Anne-Laure Jaumouillié qui a été désignée par le PS au terme d’une primaire qu’elle a remporté avec seulement 34 voix d’avance. Du coup, son adversaire à la primaire, Jean-François Fountaine, s’est aussi lancé. Ce même Jean-François Fountaine qui était le soutien numéro 1 d’Olivier Falorni en 2012… La droite espère profiter de ces divisions pour récupérer la mairie.