Municipales 2014: Voteriez-vous pour ces candidats «farfelus»?

POLITIQUE A Amiens, Lille et Dijon, des candidats atypiques se présentent. Avec des idées moins  étonnantes qu'il n'y parait...

Enora Ollivier
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Lille, le 24 janvier 2014. Alessandro Di Giuseppe, leader charismatique de l'Eglise de la très sainte consommation, se présente aux élections municipales de mars 2014 à Lille.
Lille, le 24 janvier 2014. Alessandro Di Giuseppe, leader charismatique de l'Eglise de la très sainte consommation, se présente aux élections municipales de mars 2014 à Lille. — M.Libert/20 Minutes

Des propositions farfelues, des slogans prêtant à sourire, des affiches qui font la joie des tumblr et de Twitter. Et derrière ces éléments politico-rigolos, des candidats qui poussent la démarche jusqu’à déposer en préfecture des vraies listes, pour lesquelles les électeurs pourront voter dimanche. Et si ces candidatures étaient moins bébêtes qu’elles n’en ont l’air?



Nicolas Belvalette, à la tête du «Parti sans cible», est candidat à Amiens (Somme). Il tique d’emblée quand on prononce le mot «blague» au sujet de sa liste qui propose «la légalisation du vol pour gagner plus» ou «l’interdiction du port des voiles pour les bateaux». «Je me présente parce qu’il y a des problèmes avec la municipalité», lance-t-il. Surtout depuis que la mairie a fermé sa salle de concert «à cause d’un problème de communication».

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— PARTI SANS CIBLE (@PARTISANSCIBLE) March 11, 2014

«Farce démocratique»

«S’il y a des listes un peu absurdes, c’est que la vie politique l’est aussi», explique-t-il, «comme quand on est précisément obligé de monter une liste pour se faire entendre».

Alessandro di Giuseppe, à la tête de l’«Eglise de la très sainte consommation» et candidat à Lille (Nord) renchérit pour fustiger ce qu’il appelle une «farce démocratique». L’homme, qui se veut un «traducteur de langue de bois», assure «être là parce que personne d’autre ne dit ce qu’on dit», à savoir «dénoncer le dogme de la croissance à tout prix».


(Capture écran de la page Facebook de l'Eglise de la très sainte consommation)

Alors lancer des idées loufoques, c’est «une façon d’attirer l’attention», précise David Lanaud du Gray, candidat à Dijon (Côte d’Or) et qui voudrait «faire rayonner la ville au niveau national et international». «Quand je propose de rapatrier la Tour Eiffel chez nous, c’est avant tout pour signaler qu’il est dommage que rien dans la ville ne soit fait autour de Gustave Eiffel, qui y est né. Et quand je suggère de transformer une église désaffectée en boîte de nuit, c'est pour que Dijon retrouve une image plus moderne», continue-t-il.


#dijonnonsEnsemble !!! C'est parti !! #mun21000 #dijon pic.twitter.com/48ZV7zpj36
— David Lanaud du Gray (@ddldg) March 9, 2014

Un «vote sanction plus gentillet que le vote FN»


«J’espère attirer ceux qui ne se reconnaissent plus dans les clivages ringards droite/gauche» poursuit celui qui, à la tête d’une liste nommée «Dijonnons ensemble», pense que les électeurs peuvent être attirés par la possibilité d’un «vote sanction plus gentillet que le vote FN».

Dans cette ville où François Rebsamen (PS) pourrait être réélu dès le premier tour, «je sais que je ne serai pas maire», admet David Lanaud du Gray qui espère tout de même envoyer quelques élus au conseil municipal. Une ambition qui pourrait bien se réaliser: en janvier, un sondage Ifop l’a crédité de pas moins de 5% des intentions de vote.

«Avec tous les déçus de la politique, on pourrait faire un score», estime aussi Nicolas Belvalette, d’autant «que beaucoup de gens du milieu de la culture sont avec nous». Amuser pour faire voter, il fallait y penser.