Municipales 2014: Les Français vont voter local

David Blanchard

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Une urne dans un bureau de vote de Marseille, lors du second tour des cantonales le 16 mars 2008.
Une urne dans un bureau de vote de Marseille, lors du second tour des cantonales le 16 mars 2008. — B.HORVAT/ AFP

Et si finalement la gauche s’en tirait mieux que prévu? Un sondage exclusif Ifop-SAS pour 20 Minutes et iTélé montre que les Français vont finalement privilégier les enjeux locaux à une sanction du gouvernement Ayrault. Ils sont 69%, soit 7% de plus qu’en février, à annoncer que leur bulletin ira en ce sens. A contrario, seuls 20% des électeurs s’apprêtent à voter contre la politique du président Hollande et de son gouvernement.

«On assiste à un phénomène de relocalisation de la motivation du vote, analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondage Ifop. C’est le score le plus fort depuis que l’on teste cette question.» Un chiffre qui s’explique par les récentes affaires ayant frappé l’UMP. «Depuis dix jours, l’UMP défend Copé, Sarkozy et tape sur Buisson alors que normalement, cette période de campagne est réservée aux mots d’ordre nationaux, poursuit le sondeur. En 2008, on avait assisté à une montée du vote sanction en fin de campagne. En 2014, dès janvier, un quart des Français voulaient sanctionner le gouvernement. Le score a ensuite peu bougé, sauf en cette fin de campagne, avec un brutal recul, au profit des enjeux locaux.»

L'électorat FN très mobilisé

La catégorie des personnes âgées, plus à droite, ne diffère pas d’ailleurs du reste de la population, ce qui là encore n’est pas une bonne nouvelle pour le parti de Jean-François Copé.

Conséquence: les maires sortants de gauche pourraient se frotter les mains dimanche soir. A moins que le Front national ne vienne une fois encore troubler le jeu, car son électorat reste très mobilisé contre le gouvernement: 44% des électeurs potentiels frontistes vont se prononcer en fonction de la politique nationale, et seulement 52% sur des propositions locales. Cette forte mobilisation d’un électorat populaire traditionnellement abstentionniste devrait peser dans le score des candidats FN. Avec de nombreuses triangulaires à la clé.

Sondage réalisé par téléphone du 14 au 15 mars auprès d’un échantillon de 1.006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, obtenu grâce à la méthode des quotas.