Municipales 2014: «Un policier doit être armé», affirme le délégué CFDT de la police municipale grenobloise

Propos recueillis par Manuel Pavard

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Pour le syndicaliste Marc Brouillet, les missions des agents supposent des moyens adéquats, notamment l'armement, de jour comme de nuit.
Pour le syndicaliste Marc Brouillet, les missions des agents supposent des moyens adéquats, notamment l'armement, de jour comme de nuit. — M.Pavard/Pleins Titres/20 Minutes

 Annoncé en mai 2013 par l’adjoint à la sécurité Jérôme Safar, aujourd’hui candidat PS à la mairie de Grenoble, l’armement des brigades de nuit de la police municipale pour 2014 avait fait couler beaucoup d’encre. A moins d’une semaine du premier tour des élections municipales, le sujet suscite toujours autant de clivages chez les candidats. Favorable à cette mesure, réclamée par les policiers municipaux eux-mêmes, Marc Brouillet, délégué CFDT, souhaiterait néanmoins l’étendre à la journée, pour coller à «l’évolution des missions» attribuées aux agents.

Où en est le dossier de l’armement de nuit des policiers municipaux?

L’armement n’est pas encore effectif, ça se prépare. Les armes sont arrivées, l’armurerie est presque prête, mais les agents doivent encore partir en formation, début avril. Ça devrait pouvoir être mis en place avant l’été – en mai dans le meilleur des cas – mais ça dépendra de la nouvelle municipalité. Pour l’instant, cela concerne exclusivement les agents de la brigade de nuit: ils pourront se déployer de 19h30 à 3h30 sur toute la ville, hormis la ZSP (Zone de sécurité prioritaire). Par contre, en journée, les policiers municipaux vont dans tous les quartiers, ZSP comprise, mais sans armes. Pour l’armement la journée, il faudra attendre les élections. Certains candidats veulent augmenter les effectifs et armer le personnel, d’autres sont plutôt pour une police municipale préventive.

Quelle est votre position à ce sujet?

Nous sommes favorables à l’armement, y compris en journée. Pour moi, un policier doit être armé, point! Actuellement, la police municipale est autant sur le terrain que la police nationale. On est en première ligne, la police nationale arrivant souvent quand les faits se sont déjà produits. Derrière les missions, il doit y avoir les moyens. Aujourd’hui, on est censé surveiller les commerces face aux tentatives de hold-up. Mais on ne peut pas nous demander d’arrêter des gens armés sans nous donner les moyens équivalents. On doit être capables de se défendre. Idem pour la prostitution, où l’on a généralement affaire à des proxénètes dangereux qui ne plaisantent pas, ou pour les nuisances et troubles du voisinage. Sur ce type d’interventions, c’est souvent plus tendu la nuit.

Le budget 2014 prévoit dix nouveaux postes de policiers municipaux. Les effectifs sont-ils suffisants, selon vous?

 La priorité, aujourd’hui, est de combler les postes pour la nuit. Du coup, on ne recrute pas pour les patrouilles de jour. Pourtant, il faut aussi que ça tourne la journée: on a plein de problèmes qui nous demandent beaucoup de temps, avec les travaux, la circulation, le racolage…  Actuellement, l’effectif théorique est de 97 agents. Mais, en réalité, si on enlève les 16 agents de nuit, ceux affectés à l’hôtel de ville et à la fourrière, et que l’on prend en compte les emplois du temps différents des uns et des autres, on n'arrive à avoir qu'une quinzaine de personnes sur la voie publique. Les effectifs sont insuffisants. Pour être bien, on estime qu’il faut un policier pour mille habitants. On est encore loin du compte, surtout si l’on veut une présence continue de 8h à 3h du matin.