Municipales 2014: Comment faire campagne quand il n'y pas d'opposition?

POLITIQUE Trois communes de l’agglomération strasbourgeoise n’ont qu’une seule liste aux élections municipales. Les maires sortants se satisfont de l’absence d’opposition et leurs administrés moins…

Floréal Hernandez

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Jean-Luc Herzog, maire sortant de Niederhausbergen.
Jean-Luc Herzog, maire sortant de Niederhausbergen. — Floréal Hernandez

Avec une seule voix en leur faveur, Sophie Rohfritsch, Jean-Luc Herzog et Jean Humann seront réélus maire le 23 mars. Car les édiles sortants de Lampertheim, Niederhausbergen et Entzheim (trois villages de l’agglomération strasbourgeoise), sont seuls en lice dans leur commune. «On a l’opposition que l’on mérite, sourit Jean-Luc Herzog. S’il n’y a pas de liste concurrente, c’est que ça se passe bien.» Le maire de Niederhausbergen revendique ces six dernières années la construction d’une école, d’un multistade, l’aménagement d’une nouvelle bibliothèque… «S’il n’y a qu’une liste, c’est que le maire fait bien son travail, acquiesce Jacqueline, 90 ans. Enfin j’espère!»

Sophie Rohfritsch, députée-marie de Lampertheim, ne partage pas l’avis de son homologue de Niederhausbergen. «J’aimerais le croire mais il y a des histoires de villages. Certains sont plus animés avec plusieurs listes, d’autres plus calmes et ont rarement plus d’une liste. C’est le cas de Lampertheim.»

«Dommage pour la démocratie»

En pleine discussion au soleil dans la rue principale, Albert et Jean-Georges, deux frères retraités nés et habitant la commune, sont satisfaits du deuxième mandat de Sophie Rohfritsch mais regrettent «l’absence d’une deuxième liste. C’est dommage pour la démocratie». Toutefois, ils notent que «les gens s’investissent moins». «Et aujourd’hui, être maire, poursuit Jean-Georges, ce n’est pas honorifique comme poste. Même être conseiller municipal: il ne faut pas seulement secouer seulement la tête.»

L’absence de pluralisme à Lampertheim n’empêchera pas Julie, 29 ans, d’aller voter le 23 mars. Elle concède: «C’est moins tentant car ma voix ne changera rien.» «J’irai car si je veux râler, il faut voter, estime Patrice, 37 ans. Et ma mère est sur la liste, si je n’y vais pas, je vais me faire engueuler»

«Là, il y a juste la date de l’élection devant moi»

S’il a géré sa campagne comme s’il avait une autre liste face à lui, Jean-Luc Herzog reconnaît que depuis le 6 mars – date de clôture de dépôt des candidatures – «le soufflé est retombé. En 2008, il y a eu au premier et au deuxième tour une triangulaire. C’était l’effervescence. Là, il y a juste la date de l’élection devant moi.» Le maire de Niederhausbergen a toutefois tenu une réunion publique pour expliquer son programme.

Même initiative de Sophie Rohfritsch à Lampertheim. L’absence d’opposition ne l’émeut pas car cela lui permet de prendre de l’avance pour le futur mandat. «Les nouveaux conseillers municipaux peuvent se mettre dans le bain, se familiariser avec les dossiers.»