Municipales 2014: La pollution peut-elle favoriser le vote écologiste?

POLITIQUE Chez EELV, on rappelle depuis plusieurs jours que le parti propose des mesures à moyen et long terme pour lutter contre la pollution...  

Enora Ollivier (avec Maud Pierron)

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Episode de pollution à Paris, le 15 mars 2014.
Episode de pollution à Paris, le 15 mars 2014. — XAVIER FRANCOLON/SIPA

Le nuage de pollution a enveloppé la Tour Eiffel, obligé les voitures aux plaques d’immatriculations se terminant par un chiffre pair à rester au garage et provoqué quelques maux de gorge. Mais aura-t-il aussi un effet sur les résultats dans les urnes, dimanche? Depuis l’arrivée du pic, il y a 10 jours, les écologistes communiquent, rappellent leurs propositions pour lutter à moyen et long terme contre la pollution.

Les thématiques de la qualité de l’air trouvent un écho sur le terrain depuis quelques jours, assure Christophe Najdovski, candidat EELV à la mairie de Paris, car «les gens ont souffert dans leur chair de cet épisode de pollution». Et de rappeler que les écologistes «ont demandé dès le début des mesures d’urgence comme la circulation alternée et la gratuité des transports, qui ont été appliquées mais trop tardivement». «Au moins, cet épisode permet de remettre la question de l’environnement, de la qualité de l’air et de la santé publique au cœur de la campagne», ajoute le candidat, qui tenait une conférence de presse ce lundi.

L’épisode «légitime le discours des écologistes sur la place de la voiture»

Pas question pour autant d’instrumentaliser cet épisode, affirme-t-on chez EELV. «Le thème de la pollution de l’air ne date pas d’aujourd’hui, c’est une préoccupation ancienne», explique Bernard Jomier, candidat dans le 19e arrondissement, qui fait remarquer que «la profession de foi de Christophe Najdovski a été écrite bien avant le pic de pollution et parlait déjà des solutions à mettre en œuvre».

L’épisode «légitime le discours des écologistes sur la place de la voiture ou la question des transports en commun», indique Yves-Marie Cann, directeur chargé de l’opinion à l’institut CSA, et pourrait «provoquer un sursaut chez les électeurs». Cependant, «les écologistes ont été associés à la municipalité de gauche à Paris», continue-t-il, et «sont donc comptables de son bilan».

Un impact négatif chez les électeurs qui ont eu du mal à se déplacer?

Si l’épisode de pollution «peut avoir un impact sur le vote écologiste à Paris et, dans une moindre mesure, en petite couronne, il devrait être nul en grande couronne», pronostique un élu socialiste francilien.

Qui juge même que «les nuisances» provoquées par la circulation alternée pourraient avoir un effet négatif sur des électeurs qui ont eu du mal à se déplacer à cette occasion. Il estime aussi que les idées défendues par EELV jouissent d’une popularité majoritairement auprès des catégories socio-professionnelles favorisées, trop restreintes pour que ce pic de pollution se traduise de façon significative dans les urnes.

Polémique au diesel

La candidate socialiste Anne Hidalgo n’a pas hésité dimanche à déclencher une polémique, en accusant le vice-président (EELV) de la région Ile-de-France en charge des Transports Pierre Serne d’avoir accepté une commande de bus roulant au diesel, alors que les écologistes proposent de sortir du diesel dès 2020. Le mis en cause s'est défendu en expliquant que la commande datait de février, que son parti était le seul à l'époque qui «n'avait pas voté pour» et qu'un dédit en décembre, à l'occasion d'une délibération actant une sortie progressive des bus et cars franciliens du diesel, aurait coûté les deux tiers des bus déjà en construction.Christophe Najdovski a qualifié ce lundi les propos de la socialiste de «moment d’égarement», et de «fébrilité».