Alain Juppé, dans la lumière de Bordeaux

MUNICIPALES A 68 ans, le maire sortant brigue un quatrième mandat à Bordeaux, où il a toujours été élu dès le premier tour...

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé dans son bureau à la mairie de Bordeaux le 28 juin 2012
Alain Juppé dans son bureau à la mairie de Bordeaux le 28 juin 2012 — S.ORTOLA/20MINUTES

«Je me suis toujours senti très Aquitain, assure Alain Juppé. J’ai un goût de Sud-Ouest.» Né à Mont-de-Marsan, il a quitté sa ville natale après le Bac pour intégrer la classe prépa au lycée Louis Le Grand à Paris, puis l’Ecole Normale Supérieure, Sciences Po, et l’ENA.

Il a entamé sa carrière professionnelle à l’Inspection des Finances, où il est resté cinq ans, avant d’embrasser une carrière politique à la Mairie de Paris. «Mais je revenais régulièrement passer mes vacances à Hossegor.»

«A Paris, j’aurais été dans l’ombre de Chirac»

Alors, lorsqu’en 1994 la succession de Jacques Chaban-Delmas s’est posée à Bordeaux, «ça a fait tilt dans ma tête.» Il mène une liste pour les municipales de 1995 qui obtient 50,28%. Quelques semaines plus tard, il est nommé Premier ministre par le nouveau Président Jacques Chirac, dont il a été l’adjoint à la Mairie de Paris durant douze ans. «Je n’ai pas eu envie de me présenter à Paris parce que je crois que je voulais voler de mes propres ailes, et que j’y aurais toujours été dans l’ombre de Jacques Chirac. Alors que je voulais être dans la lumière.»

Même s’il ne conserve pas que d’excellents souvenirs de la Mairie de Paris, il préfère ne retenir «que les bonnes choses.» Ainsi, parmi ses plus belles victoires politiques, il cite celle de 1983, «lorsque j’étais tête de liste dans le 18ème, face à une liste de gauche menée par Jospin, et sur laquelle on trouvait Estier, Delanoë, Vaillant. J’ai beaucoup apprécié cet arrondissement, aussi grand que Bordeaux, et très varié, puisqu’il va de la place du Tertre à la Goutte d’Or, où cohabitent une cinquantaine de nationalités différentes. » Il dit avoir conservé «beaucoup d’amis» à Paris, où il a gardé un appartement « dans le 16ème arrondissement.»

«Toujours ébloui par la beauté de Bordeaux»

Si on lui prête des ambitions nationales après les municipales, Alain Juppé botte régulièrement en touche. Pour l’instant, seule Bordeaux l’intéresse, jure-t-il. Il assure être «toujours ébloui par la beauté de la ville» et «ses lumières», notamment «depuis les quais de la rive droite, où je fais chaque dimanche matin une balade à vélo.» «J’aime aussi me promener de Saint-Michel à Saint-Pierre. Quelqu’un un jour m’a dit que Bordeaux est une ville de perspectives et de labyrinthes. Cela définit bien la ville, je trouve.»

Parmi les endroits qu’il apprécie moins, il cite «la place Latule» où il «passe le plus vite possible.» «J’espère que nous arriverons un jour à en terminer avec cet autopont». Le quartier Mériadeck, il explique «avoir appris à l’aimer, même si au départ je trouvais que cette architecture était trop en rupture avec le reste de la ville. Mais je sais que c’est un lieu agréable pour les gens qui y vivent. Ils y sont au calme en plein cœur de ville.»

Passionné de voyages

Alain Juppé est aussi un passionné de voyages. «A l’Inspection des Finances, j’ai été amené à séjourner à Alger, Le Caire, Damas, Rio, le Canada, l’Indonésie, le Viet Nam, le Cambodge… Mon passage au quai d’Orsay m’a permis de connaître un grand nombre de pays également. J’aime voyager à titre personnel également. La Grèce m’a beaucoup marqué ; j’ai un grand sentiment d’affection pour ce pays.»

Il aime par ailleurs «la lecture, l’opéra, le sport.» Des loisirs qu’il a peu l’occasion de goûter en ce moment, campagne oblige. «Je me lève tous les matins à 6h30, et mes journées ne se terminent jamais avant 23h-23h30.»

Même en cas de réélection dès le premier tour dimanche prochain - comme il l’a toujours été à chaque échéance municipale - la campagne ne sera pas tout à fait terminée pour le candidat, puisqu’il martèle vouloir également reprendre la présidence de la Communauté urbaine à son adversaire Vincent Feltesse.