Lille: La délinquance est-elle en hausse ?

MUNICIPALES 2014 La question de la sécurité provoque une querelle autour du manque de transparence...

Gilles Durand

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Une patrouille de police dans le quartier des gares à Lille.
Une patrouille de police dans le quartier des gares à Lille. — M.Libert/20 Minutes

La sécurité est-elle le talon d'Achille de la campagne de Martine Aubry? En refusant de communiquer les chiffres de la délinquance sur sa ville, la maire (PS) de Lille s'expose à la critique. Seuls les résultats – plutôt encourageants – de la zone de sécurité prioritaire ont été dévoilés. Là aussi, constat est fait d'un trafic de cocaïne (108 kg saisis en seize mois) plus important que ne l'imaginaient les pouvoirs publics.

Une vraie police municipale

A cela s'ajoute la hausse, en 2013, des violences dans les transports en commun, publiée par La Voix du Nord et que Transpole refuse d'officialiser. «Cette omerta est insupportable, proteste le candidat (UMP-UDI) Jean-René Lecerf. Je suis d'accord pour débattre sur la politique de sécurité à mettre en place mais il faut dresser un constat objectif et transparent de la situation.» Pour Eric Dillies (FN), la responsable, c'est Martine Aubry, laquelle «oublie ses pouvoirs de police judiciaire» et préfère «passer par des boîtes privées pour embaucher des médiateurs plutôt que de mettre en place une vraie police municipale». Leurs solutions? Augmenter les effectifs et armer cette police municipale.

«Ce sont des propositions irresponsables, conteste Roger Vicot, porte-parole de Martine Aubry. Notre politique de sécurité, au contraire, est bien structurée avec un conseil local de sécurité cité en exemple.» Pour lui, «la délinquance se transforme» et la prévention est tout aussi importante que la répression, comme le confirme le sociologue Dominique Duprez, qui a travaillé pendant trente ans sur la délinquance dans la métropole lilloise. «La politique de prévention de la délinquance, c'est utile quand les actions sont bien ciblées, notamment sur la délinquance d'ennui, explique-t-il. Lille est, par exemple, à la pointe sur l'insertion. Et avoir un emploi, ça change la vie.» De même, le sociologue estime qu'il faut au moins dix ans pour mesurer les résultats d'une police de proximité: «Davantage que le nombre, c'est la relation nouée avec la population qui compte.»

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