Municipales 2014: La sécurité, un thème capital pour les candidats à la Mairie de Paris

PROGRAMME De NKM à Hidalgo en passant par Najdovski, Saint-Just ou Simonnet, comment les candidats souhaitent assurer la sécurité des Parisiens?…

Jerome Comin

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Patrouilles de police de proximité dans la Zone de Sécurité Prioritaire  établie autour de la station de métro Chateau Rouge dans le 18e à Paris le 25 avril 2013.
Patrouilles de police de proximité dans la Zone de Sécurité Prioritaire établie autour de la station de métro Chateau Rouge dans le 18e à Paris le 25 avril 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Lors d’une campagne électorale, il est toujours bon de miser sur la sécurité. Et ces élections municipales n’échappent pas à la règle puisque cette thématique reste dans le top 3 des préoccupations des électeurs en compagnie de la fiscalité et de l’emploi.

Mauvais chiffres du cambriolage

D’autant qu’à Paris, la sécurité a fait un retour fracassant dans la campagne le mois dernier: le préfet de police Bernard Boucault a en effet révélé que les cambriolages ont augmenté de 26% en 2013 dans la capitale, une hausse supérieure à celle observée sur l’ensemble du territoire. Une progression liée, selon lui, «à une recrudescence des bandes qui viennent de pays d’Europe de l’Est et des Balkans qui font des razzias sur notre pays et qui se retirent». De mauvais chiffres qui s’ajoutent aux problèmes liés aux attaques récurrentes qui visent les touristes en visite dans la capitale.

De quoi nourrir les programmes des candidats à la Mairie de Paris, qui doivent cependant composer avec une particularité de taille: contrairement aux autres communes de France, la Ville n’a pas de compétence générale en matière de sécurité, celle-ci revenant à la préfecture de Police de Paris. Pas de quoi brider les candidats pour autant, puisqu'ils ont tous fait des propositions sur cette thématique.

«Il ne va pas falloir qu’on se loupe»

Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet souhaite «créer une police municipale et une police de quartier à partir des personnels de sécurité qui existent aujourd’hui dans la ville de Paris». Elle veut aussi doubler le nombre de caméras de vidéoprotection équipant les rues de Paris (soit 1.000 caméras supplémentaires) et «rétablir les arrêtés anti-mendicité notamment aux abords des zones touristiques».

Des mesures que l’on retrouve aussi du côté du Front national. Wallerand de Saint-Just désire lui aussi doubler le nombre de caméras en cinq ans et affecter les inspecteurs de sécurité de la voie publique «à la sécurité des personnes et des biens».

Traditionnellement taxé d’«angélisme» par la droite, le PS sait «que cette année, il ne va pas falloir qu’on se loupe sur le thème de la sécurité», glisse un membre de l’équipe d’Hidalgo, qui garde encore un souvenir amer du 21 avril 2002. Du coup, si la candidate socialiste ne prône qu’un développement ciblé de la vidéoprotection dans les nouveaux quartiers et le parc des logements sociaux, elle se montre plus offensive sur d’autres sujets. Outre la création d’équipes spécialisées pour sécuriser les lieux touristiques, Hidalgo souhaite créer une «brigade verte et antibruit». Son rôle: lutter contre l’insalubrité et le tapage nocturne. La candidate socialiste souhaite aussi acquérir 25 voitures banalisées pour «doter chaque BAC d’arrondissement de capacité de «planque».»

Du côté de la gauche toujours, si Christophe Najdovski (EELV) et Danielle Simonnet (FG) ne croient pas aux vertus de la vidéo protection, tous deux souhaitent obtenir le rétablissement «des 1.500 postes de policiers supprimés lorsque Nicolas Sarkozy» était président.