Sécurité des touristes à Paris: Le fléau des pickpockets

TOURISME Pour les touristes, voyager à Paris est très stressant...

William Molinié

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Un touriste photographie la tour Eiffel à Paris le 10 mars 2014
Un touriste photographie la tour Eiffel à Paris le 10 mars 2014 — Ludovic Marin AFP

La scène se déroule rue de Rivoli, à hauteur des arcades du Louvre, vendredi dernier. Trois adolescents abordent deux touristes asiatiques en leur présentant des journaux gratuits. Les visiteurs les repoussent d’un geste de la main, parvenant à les garder à distance. Mais les jeunes vont insister pendant cinq bonnes minutes. Seul le passage d’une patrouille de police à proximité permettra aux vacanciers de poursuivre tranquillement leur visite de la capitale.

«La plupart du temps, les pickpockets s’en vont dès qu’on les a repérés. Mais ils sont de plus en plus agressifs, explique Aude Deboaisne, guide-interprète qui travaille beaucoup avec des touristes chinois. Je me suis déjà fait cracher dessus et dû me réfugier dans un restaurant car je m’étais interposée entre des clients et les voleurs.»

A Paris, la sécurité des touristes, à défaut d’être un enjeu, est un argument de la campagne des municipales. La candidate socialiste, Anne Hidalgo, propose ainsi de développer des équipes d’agents de la Ville chargées de «surveiller» les zones touristiques. NKM, de son côté, veut développer la vidéosurveillance sur ces sites sensibles.

«Etre sur le qui-vive»

Le Louvre, Notre-Dame, Opéra, les Grands Boulevards, le château de Versailles, la Tour Eiffel… «Les touristes qui se confient à moi me disent que c’est très stressant de voyager en France. Il faut toujours être sur le qui-vive», poursuit Aude Deboaisne.

«On leur répète constamment: «vous êtes une cible merveilleuse pour les pickpockets. Le tout est de ne pas le devenir dans les faits. Sac à dos vers l’avant, peu de liquide sur soi…», ajoute Sophie Monbeig, secrétaire générale de la Fédération nationale des guides-interprètes et conférenciers (FNGIC).

«Faire preuve de pédagogie»

Un policier affecté dans le quartier des Champs-Elysées (8e) explique que «les pickpockets ont bien compris qui avait le droit de les embarquer au commissariat». Ainsi, il n’est pas rare d’en voir certains tenir tête aux agents de sécurité des monuments. «Seule notre venue les fait vraiment fuir», poursuit ce policier. Au Louvre, un des salariés de la société de sécurité s’est même fait molester par des pickpockets qui l’attendaient à l’issue de son service.

A l’inverse, des moyens trop démonstratifs participeraient à l’entretien d’un sentiment d’insécurité. «Les touristes sont très inquiets quand ils voient des militaires du plan Vigipirate, témoigne Sophie Monbeig. A chaque fois, il faut faire preuve de pédagogie et leur expliquer. Mais on sent bien qu’ils n’ont pas l’habitude de voir ça.»