VIDEO. Municipales 2014: A Corbeil-Essonnes, le bras droit de Dassault arriverait largement en tête au premier tour

SONDAGE Au second tour, le candidat UMP-UDI, Jean-Pierre Bechter, serait au coude-à-coude avec la liste de gauche…

Enora Ollivier

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Une enquête préliminaire est en cours à Paris sur des soupçons de pratiques électorales illégales à Corbeil-Essonnes (Essonne) lors de la campagne municipale de 2010 remportée par Jean-Pierre Bechter, successeur de Serge Dassault, a-t-on appris vendredi de source judiciaire, confirmant une information du Canard Enchaîné.
Une enquête préliminaire est en cours à Paris sur des soupçons de pratiques électorales illégales à Corbeil-Essonnes (Essonne) lors de la campagne municipale de 2010 remportée par Jean-Pierre Bechter, successeur de Serge Dassault, a-t-on appris vendredi de source judiciaire, confirmant une information du Canard Enchaîné. — Bertrand Langlois afp.com

Une affaire Dassault à rebondissements, une enquête sur des soupçons d’achats de vote… Et alors? Selon un sondage Ifop pour 20 Minutes et i-Télé, le maire sortant UMP-UDI de Corbeil-Essonnes Jean-Pierre Bechter, mis en examen en janvier notamment pour «financement illicite de campagnes électorales» et «acceptation de dons», arriverait nettement en tête lors du premier tour de l’élection municipale du 23 mars.

Le bras droit de Serge Dassault, élu en 2010 après deux scrutins invalidés, recueillerait 44% des voix, loin devant les candidats de gauche Carlos Da Silva (PS-EELV-PRG) et Bruno Piriou (FDG-PCF-PG) qui obtiendraient respectivement 26% et 25% des voix. La liste divers gauche de Martine Soavi remporterait elle 3% des voix quand celle de Jean Camonin (LO) rassemblerait 2% des suffrages.

«Bechter prend des voix bien au-delà de la droite»

«On ne peut pas dire qu’il y ait un impact massif des affaires sur les intentions de vote, il semblerait que les électeurs laissent ça de côté», note Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop, expliquant ce résultat par la «dynamique» de Jean-Pierre Bechter, lequel bénéficie de son statut de maire sortant. Le score est d’autant plus notable que Corbeil-Essonne a voté à plus de 63% pour François Hollande en 2012. «Bechter prend des voix bien au-delà de la droite», constate Frédéric Dabi. Et profite des divisions de la gauche qui se présente «fracturée» face à une unique liste de droite. 

 

 

 

 

 Au second tour, les résultats sont extrêmement serrés, «comme toujours à Corbeil-Essonnes», souligne le sondeur – rappelons qu’en 2009, Jean-Pierre Bechter l’avait emporté avec…27 voix d’avance. Le maire sortant gagnerait le duel avec 51% des voix face à une liste d’union de la gauche, qu’elle soit menée par Carlos Da Silva ou Bruno Piriou (49% dans les deux cas). Attention, la marge d’erreur du sondage est de quatre points au second tour. Les jeux sont donc ouverts.    

 

 

 

 

Des reports de voix bénéficiant à la droite 

Là aussi la gauche pourrait payer son éclatement. «Alors qu’elle est majoritaire au premier tour [si l’on additionne les scores des différentes listes], elle perd du terrain au second», indique Frédéric Dabi.

Pis: 10 à 11% des électeurs de Piriou et Da Silva du premier tour se reporteraient sur Jean-Pierre Bechter une semaine plus tard si «leur» candidat n’est plus présent au second tour. Sans oublier qu’après ce qui s’apparente à une «primaire» de gauche au premier tour, les électeurs «n’ont pas le temps» de s’approprier le candidat désigné dans les sept jours.

L'élection à Corbeil-Essonnes se déroule dans un contexte tendu, quelques semaines après la garde à vue de Serge Dassault, soupçonné d'avoir acheté des voix lors des municipales de 2008, 2009 et 2010. Carlos Da Silva et Bruno Piriou ont tous deux demandé à ce que le scrutin soit organisé par la préfecture de l'Essonne et non par la mairie, «afin de s'assurer que les règles élémentaires de la démocratie soient respectées».

Méthodologie

Sondage réalisé par téléphone du 5 au 7 mars auprès d’un échantillon de 552 personnes représentatif de la population de la ville de Corbeil-Essonnes, âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales, grâce à la méthode des quotas après stratification par quartier.