Municipales: Yves Simone veut tirer son épingle du jeu à Bordeaux

Mickaël Bosredon

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Le guide-conférencier de Bordeaux Yves Simone, candidat aux municipales de Bordeaux
Le guide-conférencier de Bordeaux Yves Simone, candidat aux municipales de Bordeaux — Arnaud Guichard

Tous les Bordelais l’ont déjà croisé au moins une fois dans le centre-ville. Yves Simone, 55 ans, guide-conférencier de profession, arpente depuis 35 ans la cité sur son vélo customisé. Depuis jeudi, il est aussi l’un des sept candidats au premier tour des élections municipales du 23 mars prochain.

Avec son châpeau moyen-âgeux et sa redingote, on aurait vite fait de le classer dans le clan des «farfelus.» «On va me cataloguer dans la catégorie de la candidature Coluche» admet d’ailleurs l’intéressé. Pourtant, Yves Simone prône «le bon sens» et met en avant sa connaissance pointue de Bordeaux. Pragmatique, cet écologiste convaincu se dit «de gauche», mais ne manque pas de souligner «l’excellent travail réalisé par Juppé depuis qu’il est maire.»

Il préfère un festival au grand théâtre, plutôt que le reggae sun ska

Cette candidature à Bordeaux, cela fait 35 ans qu’il en rêve. «Cela a commencé à trotter dans ma tête alors que j’étais encore étudiant, et fumeur de haschich.» S’il revendique ce passé, il affirme ne «plus y toucher depuis vingt ans», et met d’ailleurs en garde les élus locaux après la décision de ramener le grand festival Reggae Sun Ska, jusqu’ici organisé dans le Médoc, sur le campus de Bordeaux. «Cela va attirer des dizaines de milliers de jeunes, dont beaucoup de fumeurs de joints. Qu’est-ce que cela rapporte à la ville?» interroge-t-il. Yves Simone pense qu’il vaudrait mieux viser une clientèle plus âgée, et plus aisée. «Ouvrons les portes de notre grand théâtre durant l’été à l’opérette, la danse, la musique classique… Cela attirerait un public avec du pouvoir d’achat, et cela remplirait les hôtels.»

L’animation passe aussi par les bars et les restaurants, assure-t-il. «Pendant que nos élus sont en vacances en dehors de Bordeaux, ce sont eux qui font vivre la ville avec leurs terrasses. Alors, arrêtons de leur taper dessus! Accordons-leur des autorisations spéciales d’ouverture jusqu’à 3 ou 4h du matin, et sanctuarisons le quartier Saint-Pierre pour les jeunes.»

Un happening ce mardi sur le thème de la propreté

Amoureux de la beauté bordelaise, il se désespère de voir la place Gambetta «défigurée par son jardin central qui ne respecte pas l’architecture environnante, et polluée par la circulation automobile et les 1.500 bus qui la traverse chaque jour.» Il en appelle également au «civisme» des Bordelais pour rendre leur cité plus propre. « Je propose une grande campagne d’incitation pour que les citoyens ne jettent plus rien dans les rues. Cela permettrait de réaliser des économies, et celles-ci d’ouvrir les bibliothèques un soir par semaine.» Sur la même thématique, il demande «davantage de toilettes publiques ; il en faudrait une tous les 300mètres sur les quais.»

Pour cette campagne «éclair», Yves Simone va investir 4.000€. «De ma poche.» Son colistier, l’antiquaire Jean-Pierre Roche, lui apportera à peu près autant. «Nous faisons également un appel aux dons, car nous avons peu de moyens.» Mais l’envie de «faire bouger les choses, avec des idées décoiffantes.» La liste «Soyons tous guides pour Bordeaux» commence d’ailleurs ses actions de campagne dès ce mardi, avec un happening sur le thème de la propreté, à midi devant le grand théâtre.