Municipales 2014: La vie nocturne entre chien et loup à Lille

POLITIQUE La vitalité des nuits lilloises se heurte à l’exigence de tranquillité de certains riverains...

Olivier Aballain

— 

Des étudiants font de la prévention rue Massena à Lille.
Des étudiants font de la prévention rue Massena à Lille. — M.Libert/20 Minutes

Tous les candidats ne sont pas des habitués de la rue de la Soif. Mais tous ont un projet pour les nuits lilloises. Et c’est le secteur Masséna-Solférino qui concentre les attentions.

Après six ans de guerilla sur les nuisances subies par les riverains, la droite lilloise y a dégainé son «Axe Deûle»: le projet propose de déplacer la vie nocturne en bord de canal, sur le modèle de Lyon ou Bordeaux, en y favorisant l’émergence de bars et cafés-concerts.

Encadrer la vie nocturne, un enjeu de taille à Bordeaux - Le 10/03/2014 à 9:23

Avec une surveillance policière renforcée, y compris par la vidéo. Le Front national demande même l’ouverture d’un commissariat dans le secteur des halles pour verbaliser systématiquement le tapage et l’ivresse sur la voie publique. «Le problème», a estimé un patron de bar en marge d’un débat organisé par le Bloc*, «c’est qu’on parle tout de suite de sécurité alors que la vie nocturne, c’est de la culture, de l’animation dans les quartiers».

Mais, pour certains, cette animation des quartiers est mise à mal par la sectorisation, qui concentre les autorisations d’ouverture tardive sur Masséna-Solférino et le Vieux-Lille: «D’ailleurs, au final cela renforce les nuisances», critique Dominique Plancke, d’EELV. La fermeture administrative de l’Imposture, fin février à Moulins, alimente les débats, d’autant que la politique de fermeté est assumée par la municipalité sortante. Jacques Mutez, l’adjoint au Commerce devenu candidat sans étiquette, ne s’en éloigne pas, mais veut «donner la priorité à la musique vivante», comme EELV, comme le Front de gauche. Ce dernier réclame en outre la mise en place d’un «plan accoustique», quartier par quartier. «Ce qui se joue la nuit est aussi socio-économique, rappelle Thomas Alam, universitaire du Ceraps... et candidat Front de gauche. La gentrification de la ville développe la clientèle des bars de nuit, mais pèse à l’inverse sur leur implantation.»

» Retrouvez 20 Minutes Lille sur Facebook