Affaires Buisson et Bygmalion : Quelles conséquences sur les municipales?

Maud Pierron

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Jean-François Copé, le président de l'UMP, fait une «déclaration solennelle» le 3 mars 2014 au siège du parti, à Paris.
Jean-François Copé, le président de l'UMP, fait une «déclaration solennelle» le 3 mars 2014 au siège du parti, à Paris. — JOEL SAGET / AFP

Après la déflagration de l’affaire Buisson, qui a suivi de quelques jours le scandale Bygmalion, mettant directement en cause Jean-François Copé, l’UMP tente de faire le dos rond.  Car à trois semaines des municipales, le parti d’opposition tente de réduire les secousses pour tenter d’emporter la mise aux élections municipales. «C'est la première fois depuis pratiquement deux ans que les Français vont pouvoir voter. J'entends bien que cette campagne électorale ne soit pas détournée de son objet premier, qui est un vote national pour le destin de nos villes et nos villages, et aussi pour l'orientation politique que les Français souhaitent exprimer à l'occasion de cette élection», a expliqué Jean-François Copé mercredi soir, avant de s’afficher avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin dans un meeting commun à Strasbourg.

C’est que pour les spécialistes, la situation de l’UMP est catastrophique. «L’affaire Bygmalion, puis l’affaire Buisson vont renforcer la défiance envers l’UMP. Les seuls vainqueurs, ce seront l’abstention et Marine Le Pen», analyse Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite.  D’après Thomas Guénolé, politologue spécialiste de la droite, ces dernières affaires «à une semaine d’écart», va aboutir «au triomphe du parti des pêcheurs». Soit nourrir une très forte abstention plus que le vote FN, puisque le parti de Marine Le Pen va présenter «au mieux un millier de listes» dans toute la France.

Une réplique aux européennes?

L’affaire peut même pousser l’état-major de l’UMP à revoir sa stratégie pour les municipales puisque le parti, depuis des semaines, tente de nationaliser l’enjeu du scrutin du 30 mars, en le transformant en référendum pour ou contre Hollande. Mais il semble impossible que l’UMP soit le réceptacle de la colère ou de la déception des Français les 23 et 30 mars prochains car «les mots qui reviennent pour caractériser l’UMP, c’est malsain, putride, nauséabond, et ce même chez les électeurs de l’UMP», relève Thomas Guénolé, qui pense également aux trois mois de guerres intestines entre Jean-François Copé et François Fillon en 2013.

Pour lui la seule chance du parti d’opposition, c’est d’éviter toute nationalisation et de rester au contraire sur «le très local». En revanche, le politologue pense que la déflagration de ces affaires éclatera au moment des européennes. «C’est vraiment à ce moment que le FN va profiter de ces affaires. Et franchement, il y a un mois, je n’aurais pas pensé pouvoir dire ça, mais maintenant je le crois: le FN peut passer devant l’UMP aux européennes». Ce qui représenterait un séisme et pourrait signer le départ de Jean-François Copé de l’UMP.

*: Auteur du Petit guide du mensonge en politique, aux éditions First