Sondage: Les Français satisfaits de leur maire

EXCLUSIF Et ils préfèreraient de manière générale des élus issus de la société civile...

Maud Pierron

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Illustration d'une écharpe de maire.
Illustration d'une écharpe de maire. — POUZET/SIPA

Ça se confirme, les maires ont la cote. D’après un sondage OpinionWay réalisé pour l’institut Thomas More et révélé par 20 Minutes, 62% des Français sont satisfaits de l’action de leur premier édile, qu’ils estiment à 56% être un «bon gestionnaire» et à 46% «proche des gens». Si le maire est jugé efficace en ce qui concerne les animations et la vie culturelle (24%), l’urbanisme (24%) et le cadre de vie/environnement (23%), son action est vue comme «moins efficace» en ce qui concerne le stationnement (23%), la circulation (20%) et la maîtrise de la fiscalité (19%).

«Une volonté de reprise en main de la vie la politique par les citoyens»

«Parmi le personnel politique, c’est un des élus qui est le moins touché par la défiance généralisée vis-à-vis de la classe politique», note Julien Goarant directeur des études d’Opinionway, pour qui, «plus l’élu est éloigné, plus le sentiment que la démocratie fonctionne mal est fort». Car c’est un autre enseignement de ce sondage, une immense majorité des Français, 85%, estiment que les élus devraient plutôt «être des citoyens issus de la société civile» plutôt que «des professionnels de la politique» qui en font «un métier».

Et ils sont 72% à penser que les partis «favorisent une professionnalisation de la vie politique» qui empêche «le renouvellement et l’émergence de personnalités issues de la société civile». Les Français seraient d’ailleurs intéressés à 61% pour voter pour une liste issue de la société civile et 16% seraient même enthousiastes. «Cela marque une volonté de reprise en main de la vie politique par les citoyens», analyse le sondeur, avec «une critique très forte des parti et une classe politique vécue comme fonctionnant de manière autonome».

Hiatus entre les souhaits et le vote?

Elire un maire issu de la société civile, c’est «possible» pour 86% des sondés, «une bonne solution pour favoriser une gestion efficace» pour 81% d’entre eux et «courageux» pour 78%. «La société civile, c’est certes une vieille lune dans la politique française, mais il y a des conditions nouvelles, avec la forte défiance touchant la classe politique, qui ouvre une fenêtre pour la société civile», assure Jean-Thomas Lesueur, délégué général de l’Institut Thomas More. D'ailleurs 91% des Français estiment que c'est une bonne chose que des «listes se créent en dehors des partis». Est-ce que ça signifie les candidats se présentant hors partis, tels Charles Beigbeder à Paris, Pape Diouf à Marseille ou les listes «Nous citoyens», feront des bons scores le 23 mars prochain?

Rien n'est moins sûr. «Il y a un hiatus entre ce qu’on considère souhaitable, une place plus importante pour la société civile en politique, et le vote, note Julien Goarant d’OpinionWay. Car jusqu’à maintenant, la société civile ne semble pas disposer des leviers, tels que les a un parti, qui permette de mener à bien la politique. Pour l’instant, la demande de société civile ne se réalise pas dans les urnes». Mais ces élections municipales peuvent être «le début d’une dynamique» pour ces élus d’un nouveau genre, avance-t-il.

Etude réalisée du 19 au 20 février par Internet sur un échantillon de 1.055 personnes représentatif de la population française, selon la méthode des quotas.