Municipales à Perpignan: «La réponse, c’est que plus tard, on va régler tout ça»

REPORTAGE A la cité du Champ de mars à Perpignan, le maire sortant UMP Jean-Marc Pujol fait campagne…

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-Marc Pujol, maire UMP de Perpignan, en campagne pour les municipales, le 3 mars 2014 dans le quartier Saint-Gaudérique de Perpignan.
Jean-Marc Pujol, maire UMP de Perpignan, en campagne pour les municipales, le 3 mars 2014 dans le quartier Saint-Gaudérique de Perpignan. — A.-L. Béraud

Réunion de campagne pour le maire sortant de Perpignan (Pyrénées-Orientales), lundi soir dernier à l’annexe de la mairie dans le quartier Saint-Gaudérique, à deux pas de la cité du Champ de mars. Dans cet ensemble HLM du sud-est de de la ville, certains logements sont dégradés, et outre la présence de rats, quelques dizaines de personnes pourrissent le quotidien des habitants. Entouré de son équipe, le candidat UMP-UDI Jean-Marc Pujol expose son programme pour les municipales avant de répondre aux questions. «Que ferez-vous, élu, pour le Champ de mars? Parce qu’on se sent abandonnés», interroge une dame dans les premiers rangs. La réponse ne se fait pas attendre: «Cela fait quatre réunions que je fais sur le Champ de mars, et quatre crises de nerfs que je reçois. Cela ne fait rien, je vais continuer», lance le maire.

L’insalubrité d’une partie de la cité s’explique, selon Jean-Marc Pujol, par le fait que l’équipe municipale perpignanaise ne «contrôle» pas l’Office public de l’Habitat Perpignan Méditerranée, un organisme actuellement présidé… par l’ancien maire de Perpignan Jean-Paul Alduy: «Aujourd’hui, on ne contrôle pas l’office HLM. Mea culpa. On va le reprendre [à la prochaine mandature ndlr]. Un élu de mon équipe en prendra la direction et on règlera le problème du Champ de Mars», assure Jean-Marc Pujol.

«Il faut remettre la société à l’endroit, c’est ça que je veux faire»
 

Après une question sur les crottes de chiens, le candidat loue le travail des caméras de surveillance disséminées dans les rues de la cité. Bien que la Ville n’ait pas les compétences de la police judiciaire, ces vidéos ont permis «l’arrestation de voyous après une bagarre», ou encore «une interpellation quai Vauban», rappelle le maire. «On voit tout, tous les malfaiteurs de la ville […] Un jour, je demanderai un référendum d’initiative populaire aux Perpignanais pour savoir s’ils acceptent que l’on verbalise d’après les images prises par la vidéoprotection. Et croyez-moi, ça va faire mal», lance-t-il.

Au détour des questions de la petite assemblée, Jean-Marc Pujol expose sa vision de la société: «Le problème de fond, c’est la mauvaise éducation. Il y a les gens biens et les tordus», avant de préciser qu’«il n’est pas question de couleur ou d’origine». «Mais il faut remettre la société à l’endroit, c’est ça qu’il faut faire, c’est ça que je veux faire.» Si cela ne relève pourtant pas de sa compétence, l’édile de Perpignan appelle de ses vœux un service civique obligatoire pour les jeunes car «avant, on les rectifiait à l’armée».

A la sortie de la réunion, on s’attarde un peu sur le pas de la porte de l’annexe, papotant entre connaissances, certains se félicitant de l’intervention «coup de poing» du maire. Deux dames retraitées, venues en voisines de la cité, semblent néanmoins perplexes. «Il y a des rats dans la cité, et la réponse que l’on nous donne, c’est que plus tard, on va régler tout ça. Comme on dit: ‘L’espoir fait vivre’», murmure l’une. «Ça changeait quand c’était Jean-Paul Alduy [l’ancien maire, qui a démissionné en 2009 au profit de Jean-Marc Pujol] qui s’occupait de la ville», ajoute l’autre.

Un couple avec leurs deux enfants, tout juste arrivés de Marseille (Bouches-du-Rhône), est venu découvrir le candidat. Le verdict? «Pourquoi pas», avant d’ajouter: «On a eu une mauvaise surprise sur les impôts locaux à Perpignan, qui sont vraiment plus chers qu’à Marseille, alors qu’on nous dit que Perpignan est pauvre. Ça, c’est une vraie question, mais on n’en a pas parlé.»