Municipales 2014: Alain Juppé à Boulogne-Billancourt pour soutenir le dissident UMP

POLITIQUE - L’ex-Premier ministre, qui jouit d’une popularité élevée et d’une image de droite modérée, appuie la candidature d’un de ses proches face au maire sortant, investi par l’UMP…

Enora Ollivier

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Alain Juppé, le 7 décembre 2013 à Bordeaux.
Alain Juppé, le 7 décembre 2013 à Bordeaux. — DESSONS

La parole d’Alain Juppé est aussi rare que sa cote de popularité frôle les sommets. Aussi, quand l’ancien Premier ministre affiche son soutien à un candidat aux municipales, les regards se tournent vers son protégé. Surtout quand le candidat en question se présente en dissidence face à la personne investie par l’UMP.

Ce mardi soir, Alain Juppé tient donc une réunion publique de soutien à Pierre-Mathieu Duhamel, candidat à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) face au maire sortant UMP Pierre-Christophe Baguet. Il s’agit du deuxième déplacement de soutien lors de cette campagne municipale, après celui effectué à Paris pour appuyer la candidature de NKM, et avant celui prévu à Pau aux côtés de François Bayrou samedi.

Une ville «où la pensée extrême ne peut prospérer»
 

«C’est exceptionnel», se réjouit Pierre-Mathieu Duhamel qui a été directeur adjoint de cabinet d’Alain Juppé à Matignon, en 1995. «Il vient apporter son témoignage de maire de Bordeaux sur ce que c’est que la gestion d’une grande ville, ce que ça exige en termes de vision, de travail et de passion pour sa ville», explique le candidat, lui-même ancien premier édile de Boulogne (2007-2008).

Mais ce n’est pas tout. La venue de l’ex-Premier ministre est aussi «un signe envoyé aux Boulonnais qu’il appartient bien à cette famille politique, celle de la droite modérée». En creux, se devine une critique de son adversaire Pierre-Christophe Baguet, accusé par ses adversaires d’être partisan d’une droite plus dure, dans une ville «où la pensée extrême ne peut prospérer, une ville ouverte, qui n’est pas monocolore socialement».

Le grief remonte –en partie– aux législatives de 2012 quand le maire a fait venir Claude Guéant sur la circonscription. En vain. L’élection a été remportée par le dissident Thierry Solère, ancien adjoint de Baguet et aujourd’hui n°3 sur la liste de Duhamel. «Quand on voit les affaires autour de Guéant, on se dit qu’on l’a échappé belle», résume-t-on dans l’entourage de Pierre-Mathieu Duhamel.

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