VIDEO. Nathalie Teppe: «La priorité est un tram périurbain qui sorte vraiment de Grenoble»

Propos recueillis par Manuel Pavard

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 Nathalie Teppe a été élue présidente de l'ADTC lors de l'assemblée générale du 27 février 2014.
 Nathalie Teppe a été élue présidente de l'ADTC lors de l'assemblée générale du 27 février 2014. — M. Pavard/Pleins Titres/20 Minutes

 Depuis sa création en 1974, l’ADTC (Association pour le développement des transports en commun, voies cyclables et piétonnes dans la région grenobloise) est de tous les combats pour la promotion des déplacements alternatifs à la voiture individuelle. Représentante des usagers, elle fait aussi office d’aiguillon au sein des différentes instances de concertation.

Et si vous preniez le téléphérique en ville ? - Le 03/03/2014 à 14h00

 

Autant dire que Nathalie Teppe, fraîchement élue présidente de l’association, ne manque pas de propositions à soumettre aux candidats. «On ne s’adresse pas qu’à la municipalité de Grenoble mais à toutes celles de l’agglomération», rappelle-t-elle.

Que faut-il améliorer au niveau des transports en commun?

On doit pouvoir aller de n’importe quel point A à n’importe quel point B de l’agglomération avec un minimum de correspondances. La priorité est un tram périurbain qui sorte vraiment de la ville et relie les trois branches de l’Y grenoblois, jusqu’à Crolles, Moirans et Vizille. Mais avant janvier 2015, les choses sont un peu en sommeil car tout le monde attend la nouvelle métropole. Quant à la fréquence, celle-ci est satisfaisante pour les trams et bus Chrono. Elle va encore s’améliorer avec l’entrée en vigueur du nouveau réseau TAG, au 1er septembre 2014: les lignes Chrono passeront en Noctibus et circuleront de 5h à 1h30. Le gros problème actuellement, c’est que, si le tram roule jusqu’à 1h, les bus s’arrêtent le soir. Concernant le type de véhicules, on est pour l’électrique qui fonctionne, comme le trolleybus. Deux bus hybrides sont testés à Grenoble et la Semitag va en commander une quarantaine dans les années à venir. Grenoble, avec le CEA qui travaille dessus, a sans doute joué un rôle dans l'abandon du trolleybus, en espérant être les premiers à faire fonctionner la pile à combustible [pour les bus à hydrogène]. Il faudrait un choix politique pour, au contraire, relancer le trolleybus, comme on a su relancer le tramway moderne.

Que préconisez-vous pour le vélo?

Globalement, il y a une bonne politique vélo dans l’agglomération, par rapport à d’autres villes françaises. Mais il faut éviter de faire des aménagements cyclables comme sur les Grands Boulevards, où ils provoquent des conflits entre piétons et cyclistes. Sur le tracé de la ligne E, il y a un manque de continuité cyclable, notamment au niveau des croisements. Il manque également de passerelles de franchissement à l’est de la Rocade Sud, vers le dépôt tramway de Gières. Aujourd’hui, on est obligé de faire un gros détour si on veut aller à Meylan. Enfin, le stationnement des vélos est insuffisant sur les parkings des gares de Grenoble et Gières. La place du vélo est d’ailleurs sous-dimensionnée dans le futur pôle gare, avec 2000 places prévues. Il en faudrait 3000 en 2020 puis 4000 dans les années à suivre. Le problème se pose aussi en ville où il manque des arceaux dès qu’il y a un festival ou un gros événement.

Comment peut-on restreindre la circulation automobile?

Beaucoup de candidats proposent la gratuité des transports publics en cas de pic de pollution. Selon nous, l’impact serait très marginal. A Grenoble, on a une tarification sociale, pourtant il n’y a pas plus de monde dans les bus. Ce n’est pas le tarif qui empêche les gens de prendre le bus mais le réseau et la fréquence. Il faut une alternative crédible à la voiture: si on fait un trajet en 10 minutes en voiture, on accepte de mettre 20 minutes en bus, pas plus. Les parkings relais doivent être le plus à l’extérieur de la ville possible. Ceux de Vallier-Jaurès et Sablons sont toujours pleins alors qu’ils sont aux trois-quarts vides à Pont-de-Claix et Echirolles. Pourtant, on ne perd pas de temps et c’est plus économique que de tourner dans le centre-ville pour chercher un stationnement.

 Un questionnaire à destination des candidats

L’ADTC a adressé à tous les candidats des communes de la région grenobloise un questionnaire destiné à connaître leurs priorités et projets en matière de transports. Celui-ci se compose de neuf points, répartis en trois domaines: transports publics, modes actifs (vélo, piétons) et mesures de sensibilisation. L’association publiera une synthèse des réponses dans son prochain bulletin trimestriel.