Municipales: L’embarrassante présence de François Lebel sur les listes de NKM

PARIS Le maire sortant du 8e arrondissement avait tenu des propos homophobes en 2012, lors du débat sur le Mariage pour tous...

M.gr. avec AFP

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François Lebel, maire sortant du 8e arrondissement de Paris François Lebel, le 8 novembre 2012.
François Lebel, maire sortant du 8e arrondissement de Paris François Lebel, le 8 novembre 2012. — WITT/SIPA

Il ne devait pas en être. Et pourtant, le maire sortant du 8e arrondissement de Paris, François Lebel, sera bien en 10e position sur la liste constituée par la candidate UMP-centre Jeanne d'Hauteserre pour les prochaines municipales.

Pourtant, comme le rappelle le JDD ce dimanche, Nathalie Kosciusko-Morizet avait fait de l'abandon par François Lebel de ses mandats de maire et de conseiller de Paris un casus belli.

Droit à la retraite

Conseiller de Paris depuis 1977, maire depuis 1983, l'élu avait été vivement critiqué à droite comme à gauche fin 2012 pour des propos jugés homophobes. Il avait notamment affirmé dans son journal municipal que le mariage pour tous ouvrait la voie à la polygamie, la pédophilie et l'inceste.

«Dans le 8e, on ne se battra pas pour interdire à Lebel de figurer sur la liste. Il s’est engagé à ne pas être maire et ne pas siéger au conseil de Paris. On a son accord moral», a d’ailleurs justifié auprès du JDD Jérôme Peyrat, le conseiller politique de NKM.

Car la place de n°10 (sur 13 candidats) permettrait théoriquement à François Lebel d'être candidat à la mairie d'arrondissement, mais telle n'est pas son intention, a-t-il assuré à l'AFP.

«J'ai décidé de prendre ma retraite de la mairie du VIIIe et du Conseil de Paris. Je ne serai ni adjoint, ni conseiller délégué. Je ne brigue que le poste de conseiller d'arrondissement», a affirmé François Lebel, qui revendique à 70 ans son «droit de prendre une retraite».

Burn out

«C'est moi qui serai maire. Je ne suis la marionnette de personne. C'est moi qui ai choisi mes colistiers» (qui l'éliront au «troisième tour»), a de son côté déclaré Jeanne d'Hauteserre.

Ancienne conseillère presse du ministre chiraquien Bernard Pons, Jeanne d'Hauteserre a remplacé au pied levé en janvier la tête de liste jusqu'alors en course, Martine Mérigot de Treigny, victime d'un «burn out» en raison des pressions exercées sur elle.

Martine Mérigot de Treigny avait été désignée tête de liste avec en n°2 le député UMP Pierre Lellouche, au terme d'un bras de fer entre ce dernier et le secrétaire national de l'UMP Charles Beigbeder, à qui la place de n°2 avait d'abord été promise.

Charles Beigbeder présente une liste concurrente à celle de Jeanne d'Hauteserre, qui devra aussi affronter une liste dissidente du premier adjoint actuel de François Lebel, Didier Decelle.