Grenoble: Catherine Brun (LO) s’érige en porte-voix des travailleurs

A Grenoble, Manuel Pavard

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Déjà candidate en 2008, Catherine Brun mènera de nouveau la liste Lutte ouvrière.
Déjà candidate en 2008, Catherine Brun mènera de nouveau la liste Lutte ouvrière. — M. Pavard/Pleins Titres/20 Minutes

L’Esplanade, les bouchons, la pollution, les rythmes scolaires… Ne comptez pas sur Catherine Brun pour évoquer ces sujets repris par tous ses rivaux. Comme les 200 autres listes présentées par le parti trotskiste aux municipales, la candidate de Lutte ouvrière (LO) à Grenoble «ne mènera pas campagne sur des thèmes locaux. Aucun problème essentiel - le chômage, la vie chère ou les salaires insuffisants – ne peut être réglé à l’échelle municipale», affirme-t-elle.

«Politisée dès le lycée», elle s’engage à 17 ans

Le discours est rôdé et assuré. A 56 ans, cette professeur d’histoire-géographie en collège de ZEP (Zone d’éducation prioritaire) a déjà plusieurs campagnes électorales à son actif et près de quarante ans de militantisme derrière elle.  « Je suis de la génération de l’après-mai 68, raconte Catherine Brun. Je me suis politisée dès le lycée, où j’ai pris conscience que le capitalisme était une société révoltante et une impasse et qu’il fallait le renverser.»

Attirée d’emblée par l’extrême gauche et «révoltée par les injustices et les inégalités», elle s’engage à 17 ans à Lutte ouvrière, «convaincue du rôle fondamental du monde du travail dans le changement de la société. J’ai eu tout de suite une conscience de classe», souligne-t-elle. Celle-ci ne fera que se renforcer au cours de ses douze années passées à enseigner en ZEP: «J’y ai vu la misère sociale et des enfants dont les difficultés reflétaient le chômage des parents.»

«Les commentaires seront nationaux»

Tandis que «les grands partis insistent sur le caractère local des municipales», Catherine Brun défend le côté «politique» du scrutin: «Ce sera la première élection depuis la présidentielle, les commentaires seront donc nationaux. De toute façon, même avec les meilleures intentions possibles, un maire ferait face à la prochaine baisse du budget des communes.» Ainsi, elle ne critique pas tant le bilan de Michel Destot que son «adhésion à la politique du gouvernement».

La candidate LO veut en effet «faire entendre le camp des travailleurs, pour exprimer notre indignation face à la politique de François Hollande, à plat ventre devant le grand patronat et les banquiers». Si Catherine Brun dénonce «le climat nauséabond entretenu par la droite et l’extrême droite, mais aussi par Manuel Valls», PCF, PG et EELV en prennent aussi pour leur grade, coupables de «ne pas avoir mis en garde contre Hollande. Ils sont responsables de la démobilisation des travailleurs», accuse-t-elle.

«Il faudra une nouvelle explosion sociale»

La campagne servira, pour LO, à «populariser des objectifs qui seront ceux des luttes ouvrières de demain». Ses revendications: «l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous avec maintien du salaire (financée en taxant les profits du capital), l’indexation des salaires, pensions et allocations sur la hausse des prix et la levée du secret bancaire et industriel».

 Néanmoins, prévient Catherine Brun, «le vote ne suffira pas, il faudra une nouvelle explosion sociale pour que la peur change de camp». Elle ne se projette d’ailleurs ni sur des objectifs chiffrés ni sur d’éventuelles consignes de vote au second tour: «On fait campagne au 1er tour. Plus on aura de voix, plus ça montrera que l’avenir sera fait de luttes.»