VIDEO. Le plus vieux maire de France renonce à un nouveau mandat

MUNICIPALES Elu depuis 1947, Roger Sénié a effectué onze mandats à la Bastide de Bousignac, en Ariège...

Julie Rimbert

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Les Français souhaitent être associés aux décisions prises dans leur commune mais la majorité (83%) ne sont pas prêts à se présenter à une élection municipale, selon un sondage CSA/La Croix à paraître lundi.
Les Français souhaitent être associés aux décisions prises dans leur commune mais la majorité (83%) ne sont pas prêts à se présenter à une élection municipale, selon un sondage CSA/La Croix à paraître lundi. — Pascal Pavani AFP/Archives

Depuis 1947, il règne sur le petit village de La Bastide de Bousignac (Ariège). A 93 ans, Roger Sénié, le plus vieux maire de France avec son homologue Arthur Richier de Faucon-du-Caire (Alpes-de-Haute-Provence), âgé lui de 92 ans, a décidé de renoncer à un douzième mandat consécutif. Un déchirement pour cet élu de droite, proche de l’UMP, qui a connu neuf présidents de la République !

Dans son bureau, un buste du général de Gaulle trône à côté d’une photo de Jacques Chirac. C’est tout l’héritage de cet édile ariégeois qui a été reconduit à chaque élection au premier tour avec au minimum 65% des suffrages. Une fierté pour le vieil homme qui a su moderniser son village de 338 habitants, durant ses 67 années de mandat. « Quand j’ai pris les rênes de la mairie après la guerre, le village se développait grâce à l’activité agricole, raconte Roger Sénié qui est né en 1920. Il n’y avait pas d’assainissement dans la ville ni de lotissement. Je me suis toujours battu pour l’intérêt de ma commune, en installant par exemple une zone industrielle d’une centaine d’emplois et en conservant une école avec deux classes ».

Rencontre avec le doyen des maires de France - Le 28/02/2014 à 09:32

 

Un peu dur de la feuille, le plus vieux maire de France reste pourtant toujours bon pied, bon œil. Malgré un AVC il y a deux ans et demi, Roger Sénié est déterminé à défendre l’avenir de son petit village. En mars dernier, il a même mené le combat contre le préfet de l’Ariège qui a décidé d’intégrer la ville dans la communauté de commune du Mirepoix le 1er janvier 2013 au lieu de 2014. « C’est un diktat de la décentralisation car cela nous prive de 145 000 euros de taxe professionnelle, s’insurge le maire qui a protesté par une grève de la faim durant une semaine. Le conseil municipal a démissionné avec fracas pour montrer son opposition à un tel projet. C’est un des regrets de ma mandature puisque l’affaire n’est toujours pas réglée ».

Soutien à son successeur

Après moult hésitations, Roger Sénié a décidé de ranger cette année son costume de maire sous la pression familiale et ses problèmes de santé. « J’avais envie de rempiler mais mes enfants m’ont dissuadé, explique-t-il.  Je voulais d’ailleurs que mon fils, membre de mon équipe municipale, prenne la relève mais il est trop occupé an tant que chef d’entreprise. Mais ce n’est pas parce que je me retire que tout s’arrête : je soutiendrais avec force la liste de mes amis qui s’opposera à une autre liste conduite par un ancien membre de ma municipalité ».

Pour les habitants de La Bastide de Bousignac, la décision du maire de raccrocher est tout à fait raisonnable. « C’est une bonne chose car il a fait beaucoup pour notre village et a toujours été à l’écoute de ses administrés, concède Myriam, une mère de famille. Il faut saluer aujourd’hui son action  et se tourner vers l’avenir ». Même son de cloche pour Berthe et Janine, deux mamies ariégeoises qui n’ont connu comme maire que Roger Sénié. « C’est une décision sage de laisser sa place à plus de jeunesse même si nous n’avons rien à lui reproché car il a transformé notre village ces soixante dernières années », assurent-t-elles.