Municipales 2014: Les services municipaux de Paris retirent des affiches hostiles à Hidalgo

Jérôme Comin

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Affiches anti-Hidalgo dans les rues de Paris, le 26 février 2014.
Affiches anti-Hidalgo dans les rues de Paris, le 26 février 2014. — J. Comin/20 Minutes

De quoi se taper l’affiche. Selon un mail que s’est procuré le Canard Enchainé, les services municipaux de la Ville de Paris ont eu la consigne de faire disparaître des affiches anti-Hidalgo collées dans la capitale.

Le cabinet du maire se défend de tout favoritisme

Daté du 18 février et signé du chef du service technique de la Propreté de Paris, le mail signale ainsi que «des affiches mettant en cause Anne Hidalgo ont été massivement collées cette nuit ou ce matin sur de nombreux sites (…). Merci aux divisions d’engager des tournées de surveillance et de procéder dans les meilleurs délais aux signalements des sites concernés à la circonscription fonctionnelle afin que les équipes d’affichage puissent intervenir.»

Les affiches en questions, œuvre de Nicolas Miguet, homme d’affaire proche de l’extrême droite et de Jour de colère, montrait la candidate PS à la Mairie de Paris masquée d’un slogan « Derrière le sourire… la facture !!! » du côté du cabinet de Bertrand Delanoë, contacté par Le Canard, on jure ne pas faire de favoritisme: «Nous retirons systématiquement l’affichage sauvage.» Le directeur de campagne de la candidate socialiste, Rémi Féraud, a tenu, lui, à enfoncer le clou ce mercredi matin sur Twitter en remerciant « les services de la Ville de Paris de nettoyer les murs de la capitale, y compris quand un affairiste d'extrême-droite les salit!» 

Et dans un communiqué co-signé avec Jean-Louis Missika, l'autre directeur de campagne d'Hidalgo, il estime même que cette campagne d'affichage pose «un important problème juridique». «Nous dénonçons avec force cette campagne de collage sauvage,qui se déroule toutes les nuits et qui pose un important problème juridique, explique-t-il. Nous tenons en effet à rappeler que l’impression et la pose de ces affiches doivent être inscrites dans les comptes de campagne de la candidate soutenue par Nicolas Miguet, à partir du moment où Mme Kosciusko-Morizet a donné son accord même tacite et s'affiche à ses côtés.»

 L'UMP demande des comptes

Mais pour le groupe UMP de Paris, on ne voit pas cette affaire du même oeil. «Le retrait des affiches sauvages est une obligation légale, mais lorsqu’il est pratiqué au service d’un seul candidat à la mairie de Paris, on est en droit de s’interroger sur la légitimité d’une telle intervention, qui apparait particulièrement choquante, dénonce le groupe UMPPA dans un communiqué publié ce mercredi matin. La commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques sera appelée sans attendre sur ces agissements. Le Groupe UMPPA s’interroge sur l’étendue de telles actions visant à favoriser la campagne municipale de Madame Hidalgo dont les inaugurations factices se multiplient dans le cadre de cette campagne. Il demande au maire de Paris la saisine immédiate de l’inspection générale des services de la ville afin d’identifier clairement tous ces dysfonctionnements.»