Municipales 2014: «Le bulletin de vote Hidalgo n’envoie aucun message au gouvernement», selon Pascal Canfin

INTERVIEW Le ministre du Développement, présent sur la liste EELV du 12e arrondissement, appelle les électeurs à voter vert pour «rappeler un certain nombre d’engagements» au gouvernement...

Propos recueillis par Enora Ollivier

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Le ministre du Développement Pascal Canfin, le 17 décembre 2013 à l'Assemblée nationale.
Le ministre du Développement Pascal Canfin, le 17 décembre 2013 à l'Assemblée nationale. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Pascal Canfin, ministre du Développement, est avec Cécile Duflot un des deux membres écologistes du gouvernement. Candidat en position non éligible sur la liste de Christophe Najdovski dans le 12e arrondissement de Paris, il explique pourquoi le vote vert aux municipales peut permettre de «continuer à incarner la volonté de changement qui s’est exprimée en mai 2012».

Les municipales à Paris semblent se résumer à un affrontement entre NKM et Anne Hidalgo. Quelle place peut trouver EELV dans cette campagne?

Quand on regarde le bilan de ce qui a été fait pendant deux mandatures de la gauche à Paris, on remarque que les propositions issues des écologistes sont très appréciées des habitants: Vélib, la réintroduction et le développement du tramway, le bio dans les cantines… L’argument du vote utile au premier tour ne tient pas puisqu’il apparaît assez clairement que la gauche va gagner. Les électeurs qui le souhaitent ont donc toute la liberté de voter pour les projets écologistes au premier tour. Je crois vraiment qu'on peut faire un score à deux chiffres. Par ailleurs, il peut y avoir une certaine déception de l’électorat de gauche. A côté des arguments et des propositions locales, les écologistes peuvent incarner la volonté de changement qui s’est exprimée en mai 2012.

Votre présence au gouvernement ne risque pas de brouiller ce message?

Si vous voulez faire bouger la majorité, il vaut mieux être dedans. On est là pour dire que le vote écologiste permet à la fois d’améliorer la qualité de vie des citoyens et d’envoyer un signal au gouvernement pour lui rappeler un certain nombre d’engagements. Or le bulletin de vote Hidalgo n’envoie aucun message au gouvernement. Le seul bulletin qui le fasse, c’est le bulletin écologiste.

Après le report de la loi Famille, qui a été très critiqué par les élus écologistes, vous n’envisagez pas de quitter le gouvernement?

Non. Regardez qui pèse à gauche en dehors du gouvernement: personne. Si on veut marquer des buts, il faut être sur le terrain. Depuis deux ans, l’expérience du Front de gauche et à Paris, du Parti de gauche, n'est de ce point de vue là pas concluante: il n’y a aucune influence extérieure à la majorité. Notre ambition c’est de rester pour peser.  Par exemple, s’il y a eu de nouveau des engagements du Premier ministre sur le fait qu’un certain nombre de réformes de la loi Famille seront bien mises en oeuvre, c’est parce qu’une partie de la majorité  - le groupe écologiste et une partie du groupe socialiste - a rué dans les brancards. Si nous étions dans l’opposition, nous n’aurions aucun levier.