Municipales 2014: A Paris, EELV veut surfer sur la grogne contre le gouvernement pour peser

POLITIQUE Le parti écologiste, qui compte deux membres dans le gouvernement, veut faire du vote vert un signe de protestation en direction de la majorité...

Enora Ollivier

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Christophe Najdovski, candidat EELV à la mairie de Paris, et Pascal  Canfin, ministre écologiste du Développement, le 7 février 2014, place  Aligre, dans le 12e arrondissement de Paris.
Christophe Najdovski, candidat EELV à la mairie de Paris, et Pascal Canfin, ministre écologiste du Développement, le 7 février 2014, place Aligre, dans le 12e arrondissement de Paris. — Enora OLLIVIER / 20 Minutes

«Ah, c’est un ministre? En personne?» Sur le marché de la place Aligre, dans le 12e arrondissement de Paris, ce commerçant est un peu étonné quand on lui signale que l’homme qui vient de lui serrer la main est Pascal Canfin. Ce vendredi matin-là, le ministre du Développement, un des deux écologistes du gouvernement, est venu faire campagne au côté de Christophe Najdovski, candidat EELV à la mairie de Paris et tête de liste dans l’arrondissement.

Avant-dernier sur la liste – une place non éligible – le ministre entend donner un coup de pouce à celui qui tente de se faire une place dans la bataille entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet. Les deux hommes veulent le croire: EELV peut arriver 3e à Paris, avec un score à plus de 10%. Avec comme thèmes de campagne le logement, les commerces de proximité, la qualité de l’air… mais aussi la possibilité d’être une alternative à la politique gouvernementale. Une position que le ministre défend sans sourciller.

«Représenter une alternative positive au PS»

«Les écologistes peuvent continuer à incarner la volonté de changement qui s’était exprimée en mai 2012», soutient Pascal Canfin. «Le bulletin de vote Hidalgo n’envoie aucun message au gouvernement», continue-t-il, «seul le bulletin écologiste peut le faire». L’affirmation rappellerait presque celle…de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a estimé dimanche que «voter Anne Hidalgo, c'est voter François Hollande».

«Le vote aux municipales peut être un moyen de faire pression», complète Christophe Najdovski, mais aussi de «signifier une impatience, ou une déception». «C’est d’abord une élection locale», indique de son côté David Belliard, n°2 de la liste EELV du 11e arrondissement, sur laquelle figure également la ministre du Logement Cécile Duflot, en position non éligible. Mais «il y a un bruit national», concède-t-il ainsi qu’«une carte à jouer pour représenter une alternative positive au PS».

«Pour marquer des buts, il faut être sur le terrain»

La présence d’un membre du gouvernement dans la liste est elle «parfaitement assumée»: «On a des ministres qui font du bon boulot, comme Cécile Duflot avec la loi sur l’encadrement des loyers. Ce qui ne nous empêche pas d’être critique sur la ligne générale du gouvernement».

«Pour marquer des buts, il faut être sur le terrain», répond Pascal Canfin quand on lui demande si, après le report de la loi Famille vivement critiqué par les écologistes, EELV a sa place au gouvernement, ajoutant: «Notre ambition c’est de rester pour peser». Tout l’enjeu est donc de convaincre l’électeur socialiste déçu que l’alternative à gauche est représentée à Paris par les écologistes, et non par le Parti de gauche (PG). «L’influence de Mélenchon sur la majorité est nulle puisqu’il n’en fait pas partie», analyse Canfin, jugeant qu’un vote PG, «c’est une voix perdue». Le ton est donné, alors que le parti lance sa campagne pour de bon, en organisant  ce mardi un meeting en présence des ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin, la secrétaire nationale Emmanuelle Cosse ainsi que son prédécesseur Pascal Durand.