VIDEO. Nantes: Comment éviter la fuite des familles

MUNICIPALES Convaincre de se loger en ville plutôt qu'en périphérie est un enjeu pour les candidats...

Frédéric Brenon

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Appartement à vendre à Nantes en octobre 2011.
Appartement à vendre à Nantes en octobre 2011. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Comment convaincre les jeunes ménages de se loger à Nantes ? La question est loin d'être anodine dans une Cité des ducs attractive mais qui, dans le même temps, voit fuir de nombreuses familles en périphérie. Pour la plupart des candidats nantais, la solution passe en priorité par proposer de l'habitat moins cher.

MonVote2014 : comment éviter la fuite des familles ? - Le 10/02/2014 à 10h00

 

Johanna Rolland (PS) promet ainsi d'augmenter le taux de logements sociaux de 25 % à 35 % dans les opérations publiques, d'en construire 750 par an et presque autant de logements dits «abordables». «Si les Nantais trouvent moins cher dans le neuf, la concurrence va jouer et tirer tous les prix vers le bas, y compris dans l'ancien », justifie la socialiste. Sur la même longueur d'onde, la candidate écologiste Pascale Chiron pousse même l'objectif à 3000 logements abordables par an. Elle suggère aussi la mise en place d'une caution solidaire pour faciliter la location ou l'achat, et insiste sur «l'aide à la rénovation énergétique» de l'habitat ancien. Un dernier point partagé par Guy Croupy (Front de gauche), qui réclame lui aussi «davantage de logements sociaux».

Le logement, enjeu du scrutin - Le 11/02/2014 à 10h00

Se méfiant d'une «politique trop axée sur le logement social», Laurence Garnier (UMP) préfère maintenir un taux de 25 % de HLM, tout comme Sophie Van Goethem (divers droite). La candidate UMP exprime toutefois une alternative originale : aménager des mini-quartiers intergénérationnels où des jeunes apporteraient des services à des personnes âgées en contrepartie d'un loyer modéré (caserne Mellinet, île de Nantes…). D'autres propositions visent à séduire les jeunes ménages. Johanna Rolland prévoit ainsi la réalisation de «grands logements familiaux» et la promotion de l'habitat participatif avec espaces partagés. Laurence Garnier entend, elle, « sauvegarder autant que possible les maisons de ville avec petit jardin». Elle préconise même d'en construire de nouvelles « plutôt que de grands ensembles». Le candidat FN, Christian Bouchet, qui dit son «opposition à la densification», préfère un «urbanisme traditionnel», où l'accès à la propriété serait «facilité» et où les jeunes couples disposant d'un emploi bénéficieraient d'un «accès prioritaire» aux HLM.

 

«Acheter à Nantes, c'est réservé à une élite»

Elodie et Christophe ont atteint l'an dernier le « cap de la trentaine ». Pour fêter ça, ils ont décidé de lâcher leur appartement en location du quartier Bellamy pour devenir propriétaires. « On travaille tous les deux à Nantes, on aurait aimé ne pas trop s'éloigner du centre », raconte le couple. Après quatre mois de recherches « pénibles », ils ont finalement trouvé leur bonheur… à Saint-Philbert-de-Grandlieu. Une maison avec terrasse et jardin pour 203 000 €. « En restant à Nantes, on ne pouvait pas prétendre à mieux. Alors qu'en s'éloignant, on a vu qu'on pouvait s'offrir une maison… » Bémol de taille toutefois : 28 km en voiture à effectuer chaque matin et soir. Et la maison est éloignée du bourg et des commerces. « La route c'est chiant, c'est vrai, et ça coûte cher, confirme Florian, voisin du couple. Mais si on veut s'agrandir, on n'a pas le choix. Acheter à Nantes, c'est réservé à une élite. » Aline et Nicolas, eux, viennent d'emménager en centre-ville. Ils louent au troisième étage, avec un jardin à partager, et ne regrettent rien. « Bien sûr, on préférerait être propriétaires. Mais si cela signifie prendre sa voiture pour aller travailler et faire la moindre course, non merci. Ce n'est pas la vie qu'on veut transmettre à nos enfants. »