VIDEO. Marseille: Le logement, un enjeu social

MUNICIPALES La région gagne toujours plus d'habitants et la pauvreté continue de s'étendre...

Amandine Rancoule

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 Une cité des quartiers nord de Marseille. 
Une cité des quartiers nord de Marseille.  — PATRICE MAGNIEN/20 MINUTES/SIPA

Selon le dernier recensement, la région compte plus de 4 900 000 habitants. Parmi eux, 788 000 vivent sous le seuil de pauvreté. Pourtant, seul 11, 3 % des 2 860 000 logements de la région étaient des logements sociaux en 2010 (15, 1 % dans le département). Dans son rapport sur l'état du mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre constate «une baisse inquiétante de production de logements sociaux». En 2012, 4 700 logements sociaux ont été bâtis dans la région, contre 8 000 projetés. Or, la demande est bien là. Au 31 décembre 2013, 138 031 demandes de logements sociaux étaient en attente, dont 47 % dans les Bouches-du-Rhône, d'après la Dreal.

Le logement, enjeu du scrutin - Le 11/02/2014 à 10h00

 

Pour faciliter les démarches d'accès, le candidat et maire sortant Jean-Claude Gaudin (UMP) envisage une «plate-forme unique d'accès au logement social, avec une mutualisation des offres des différents bailleurs et des collectivités». Dans son programme, il met en avant son bilan en expliquant avoir fait construire 5 000 logements chaque année à Marseille dont 1 500 logements sociaux. Car, depuis 2000, la loi SRU oblige les communes de plus de 3 500 habitants à atteindre un taux de 20 % de logements sociaux.

Beaucoup plus d'habitat social dans les quartiers nord

«Je souhaite que Marseille applique la loi sur chacun des secteurs», souligne le candidat socialiste Patrick Mennucci qui voudrait produire «dès 2016, 2 000 logements sociaux par an», grâce à une politique foncière favorisant la mixité. Soit «stopper la création de HLM dans les quartiers nord et les développer dans les arrondissements où ils sont peu présents». «La ville est fracturée au-delà de la frontière entre le nord et le sud», estime le candidat Front de gauche, Jean-Marc Coppola qui déplore l'absence de mixité sociale. D'après l'Insee, l'habitat social représente 7, 7 % en centre-ville, 9, 1 % dans les quartiers sud et 33, 2 % dans les quartiers nord.

«La construction de la ville a une histoire politique, souligne Jean Viard, directeur de recherche au CNRS et membre du groupe socialiste au conseil municipal. Gaston Defferre a considéré qu'il pouvait constituer des bastions communistes, son ennemi politique. En schématisant : si je fais du logement social, j'attire le vote communiste.» D'où l'écart du statut de logement par zones.