VIDEO. A Grenoble, les grands projets d’urbanisme ne font pas l’unanimité

MUNICIPALES Les candidats avancent des propositions diamétralement opposées sur les projets de ZAC lancés dans différents quartiers de la ville...

A Grenoble, Manuel Pavard

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L'hôtel de ville de Grenoble.
L'hôtel de ville de Grenoble. — J. Lemanissier/Pleins Titres

Le phénomène saute aux yeux en parcourant Grenoble. Les projets d’urbanisme, initiés par la municipalité Destot, fleurissent aux quatre coins de la ville : Esplanade, Presqu’île, Flaubert, Cœur de ville Cœur d’agglo, Chatelet, Bouchayer-Viallet, Blanche Monier…

Safar et Longevialle dans la continuité

«Avec 7300 logements produits en six ans, on a refait du logement une priorité dans une ville qui ne construisait plus», se félicite Jérôme Safar. Le candidat PS entend «poursuivre une construction maîtrisée de logements neufs, notamment sur les projets Presqu’île, Esplanade et Flaubert». Objectif : dans toutes les ZAC (Zone d’aménagement concerté), «atteindre le seuil de 30 % de logements en accession libre à prix plafonné» et «augmenter la part d’accession sociale de 10 à 20 %».

Le logement, enjeu du scrutin - Le 11/02/2014 à 10h00

Parmi ses rivaux, seul le centriste Philippe de Longevialle tire dans le même sens. L’adjoint à l’urbanisme a «l’intention de poursuivre le travail engagé il y a un an avec la révision générale du PLU (Plan local d’urbanisme)». Les enjeux : «passer à la vitesse supérieure dans la réhabilitation thermique des bâtiments et permettre un retour du végétal en ville, déjà entamé avec Cœur de ville Cœur d’agglo, mais aussi sur les projets Esplanade (avec un parc de 6 ha) et Flaubert (parc de 3 ha). Il faut réintroduire des parcs et jardins dans des secteurs très bétonnés.»

«Rénover le bâti existant»

L’écologiste Eric Piolle dénonce, lui, «des projets sans concertation, au service de la spéculation, et une frénésie de construction. On a basculé d’une politique tournée vers les habitants à une politique destinée à l’image de la ville à l’extérieur.» La liste écolo-citoyenne veut donc remettre à plat tous les grands projets d’urbanisme (Flaubert, Presqu’île, Esplanade). «On doit retourner devant les habitants, non avec des projets ficelés, mais en concevant des diagnostics», estime Eric Piolle. Ses priorités : «rénover le bâti existant et développer les espaces verts».

A droite, la critique est aussi très vive. «On a bétonné Grenoble», estime ainsi Matthieu Chamussy (UMP), qui souhaite annuler le projet de l’Esplanade, revoir entièrement celui de ZAC Flaubert et entamer une révision du PLU et du PLH (Programme local de l’habitat). «Au lieu de construire du neuf, il aurait mieux valu renforcer les dispositifs d’aide à la rénovation, poursuit-il. Le parc ancien ne répond plus à la demande des gens, il faut aider les propriétaires à le remettre sur le marché réel.»

Le FN pour un référendum sur l’Esplanade

Denis Bonzy (société civile) se prononce lui aussi pour «un arrêt immédiat des projets de l’Esplanade et de Flaubert» et pour «l’abrogation du SCOT (Schéma de cohérence territoriale). L’appréciation de la qualité de vie par les habitants est dramatique, ce gigantisme urbain les dépasse», estime l’ex-candidat aux primaires UMP, qui préconise «des opérations de construction à dimension humaine, avec une reconquête de la verdure au niveau de l’espace urbain.»

Quant à Mireille d’Ornano (FN), elle défend l’idée d’un «référendum sur l’Esplanade. Sur les grands projets, les Grenoblois doivent être consultés», affirme la tête de liste frontiste, qui craint une «ghettoïsation de l’Esplanade. La Villeneuve, au départ, c’était de très beaux appartements. On a vu ce que ça a donné. Faire une tour de 50 étages avec beaucoup de logements sociaux va créer un problème, à terme.»