VIDEO. Municipales 2014 : Le modèle économique grenoblois doit-il se diversifier ?

ECONOMIE Les candidats dévoilent leurs propositions sur les filières à développer…

Manuel Pavard

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Synchrotron

CEA, Minatec, Minalogic, ESRF, HP, STMicroelectronics… Des noms étroitement associés à Grenoble qui, depuis plusieurs décennies, a fondé son développement économique sur le célèbre triptyque « recherche-université-industrie ». Ce modèle lui a ainsi valu d’être classée 5e ville la plus innovante au monde par le magazine Forbes, en 2013.

« Une image monomaniaque sur la high-tech »

#MonVote2014 : Mairies et entreprises, l'alliance nécessaire - Le 04/02/2014 à 16h00

 

Pourtant, l’écologiste Eric Piolle conteste l’omnipotence des nouvelles technologies : « Grenoble a cultivé une image monomaniaque sur la high-tech, qui nuit à la ville et à l’économie locale. Sur le site de la ville, la rubrique économie ne parle que de high-tech et de nanotechnologies. » Il préconise  de « mettre l’intelligence humaine au service de l’efficacité énergétique, de l’eau, des matières premières, des terres arables et de la biodiversité. Ce sont les cinq enjeux du futur et des sources d’emploi. » Eric Piolle, qui dénonce « l’opacité du projet Giant » sur la Presqu’île, estime que « le CEA a une dynamique interne forte mais capte tous les financements. On doit remettre en avant la recherche dans la glaciologie, l’environnement, la logistique urbaine. »

En revanche, pour Jérome Safar (PS), « hors de question de remettre en cause la spécificité de l’écosystème grenoblois. On doit accompagner encore plus les acteurs et maintenir l’attractivité du territoire en attirant les investisseurs étrangers. » Le candidat socialiste évoque « les filières à développer, avec  un très gros enjeu sur le numérique mais aussi sur l’hydrogène et la chimie. Quant à HP, il y a 10 ans, tout le monde disait que c’était fini à Grenoble. Pourtant, selon le board, le site grenoblois figure aujourd’hui parmi les cinq plus compétitifs au monde. » Il entend « renforcer l’économie sociale et solidaire, un vecteur d’innovation » et « favoriser l’esprit d’initiative et de création ».

« Equilibrer les aides publiques »

Pour Denis Bonzy (société civile), « les municipalités depuis 1995 ont misé sur des opérations satellites du CEA. La priorité, c’est de mieux équilibrer les aides publiques vers la totalité des filières et de mener un gros effort à destination des start-up. L’ex-Institut de géographie alpine, à la Bastille, pourrait accueillir un centre d’essaimage des start-up. Les collectivités publiques doivent aussi se porter garantes en cas de premier échec. » L’ancien candidat aux primaires UMP appelle à « diversifier la gamme, pour éviter d’avoir trop de jeunes peu ou pas formés. Tout le monde ne peut pas être informaticien ou ingénieur ! » Sur le projet Giant, il se veut ferme : « Il faut respecter la signature des collectivités ».

Matthieu Chamussy (UMP) différencie quant à lui « le projet urbain de la Presqu’île, que nous combattons » du « projet scientifique, que nous soutenons. Celui-ci est porté par la communauté scientifique et non par la municipalité actuelle. Le modèle fondé sur le triptyque grenoblois doit être renforcé et soutenu. » L’objectif de la collectivité doit être, selon lui, de « créer les conditions favorables au développement économique, en renforçant le lien entre politiques et entrepreneurs. La principale difficulté est la pression fiscale, d’où notre proposition de diminuer les dépenses publiques. »