Municipales 2014: Le Front de Gauche présente un programme «contre l'austérité», mais non évalué

Anne-Laëtitia Béraud

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Danielle Simonnet, candidate du Parti de gauche à la mairie de Paris, le 29 janvier 2014 à Paris.
Danielle Simonnet, candidate du Parti de gauche à la mairie de Paris, le 29 janvier 2014 à Paris. — IBO/SIPA

«Refuser l’austérité» sous toutes ses formes. Candidate aux municipales à Paris sous les couleurs du Front de gauche, la candidate du Parti de gauche Danielle Simonnet a présenté mercredi matin son programme électoral: 424 propositions pour rompre la «fatalité» des «inégalités, l’exode social des classes moyennes et populaires hors de Paris (…) la mainmise des intérêts privés sur nombre d’activités de la Ville». Un «programme qui n’est pas définitif, car notre démarche collective est en permanente évolution», souligne la candidate.

>> Les mesures phares du projet

Seule une dizaine de mesures du programme concerne «des thématiques nationales», assure la candidate qui a pourtant donné à sa campagne des accents nationaux et européens. En ligne de mire, sont visés «le refus de la politique d’austérité de François Hollande et sa majorité» et «la révolution fiscale pour redistribuer les richesses». Parmi les propositions parisiennes, figurent notamment la «municipalisation du sol», «le pari d’un Paris sans pub», la baisse des coûts des baux commerciaux, la création d'un troisième bois au nord de Paris sur la friche «Chapelle international», ou encore l’«instauration de la règle dans les bailleurs sociaux de la mise à disposition de locaux associatifs de 50 m2 pour 100 habitats», avance Danielle Simonnet.

> Le débat entre les candidats aux municipales à Paris, à revivre en direct ici

Choyé, le soutien au service public se traduit par «l’embauche de 4.000 agents de la Ville» ou encore «le rétablissement des 1.500 postes de police supprimés par Nicolas Sarkozy», précise le document de campagne de 50 pages. Un chapitre est consacré à la gratuité: la candidate propose de rendre gratuits «les premiers mètres cubes d’eau potable pour tous les ménages», «les médiathèques de la Ville et les expositions temporaires», «la cantine dans les écoles primaires pour tous», les services funéraires, mais aussi de «rendre accessibles aux étudiants étrangers les aides sociales de la Ville jusqu’ici réservées aux étudiants français». 

>> Le coût du programme

A propos de l’évaluation des coûts de son programme, la candidate botte en touche, estimant «ne pas bénéficier des moyens des services de la Ville de Paris dont profitent les candidates UMP et PS pour le budgétiser». Mais elle compte bien récupérer «les 1,6 milliard d’euros de la dette» de l’Etat à la Ville de Paris (soit le transfert de charges de l'Etat aux collectivités). Quant à l’impôt, si Danielle Simonnet assure «qu’en l’état actuel, il n’y aura pas d’augmentation», elle précise «assumer le fait d’avoir recours à l’emprunt, la taxation de la spéculation financière, l’augmentation des droits de mutation et de la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE)  sur les entreprises». Elle se déclare également favorable à la hausse de la part fixe de la redevance de l’exploitant du Parc des princes à la Ville, estimée à un million d’euros par an.

>> Unions et désunions

Après le ralliement des communistes (qui composent avec le Parti de Gauche le Front de Gauche) et de la Gauche unitaire à la candidate socialiste Anne Hidalgo, Danielle Simonnet se retrouve amputée de forces pour ratisser à gauche, et est créditée de 5% des voix selon un sondage du 8 janvier 2014 du CSA pour Le Figaro, BFMTV et Orange. Par ailleurs, le rapprochement qu’elle souhaitait avec le candidat Christophe Najdovski semble être une impasse car l’écologiste «refuse la critique de l’austérité», regrette-t-elle. Quant à sa position pour le deuxième tour du scrutin des municipales, Danielle Simonnet est claire: «Nous appellerons à faire battre Nathalie Kosciuko-Morizet au deuxième tour, mais hors de question de faire partie de l’exécutif si nous ne sommes pas en tête de la gauche au premier tour». 

> Ce programme à lire en intégralité ici

>> Notre focus: Que proposent les candidats à la Mairie de Paris pour la petite enfance?

Des communistes faisant partie du Front de gauche mais alliés à la socialiste Anne Hidalgo à Paris, ont apposé le logo du mouvement sur le matériel de campagne socialiste. De quoi provoquer l’ire de la candidate étiquetée Front de Gauche Danielle Simonnet, qui revendique une candidature indépendante. «J’ai bon espoir qu’il n’y ait bientôt plus ce logo sur ce matériel», a précisé mercredi la candidate issue du Parti de Gauche.