La Maison enchantée, un refuge pour les professions en horaires décalés à Paris

Oihana Gabriel

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Elias, onze mois, est accueilli dès 5h30 du matin à la crèche à horaires décalés, la maison enchantée dans le 14e arrondissement de Paris.
Elias, onze mois, est accueilli dès 5h30 du matin à la crèche à horaires décalés, la maison enchantée dans le 14e arrondissement de Paris. — O. Gabriel / 20 Minutes

«Les calinous, tu connais, en plus tu n’es pas tout seul ce matin!», argumente Pia, en déposant à l’aube son fils Elias. Les calinous, c’est une des neuf sections de la Maison enchantée (14e). Une des deux crèches parisiennes à offrir aux parents une large amplitude horaire. En effet, l’établissement, qui compte 135 inscrits, ouvre de 5h30 à 22h en semaine… et même le samedi de 7h30 à 18h30. «Beaucoup de personnes n’ont pas un planning harmonieux du type 9h-18h chaque jour», explique Christine Semaille, la directrice de l’établissement associatif.

Si la Maison enchantée accueille des familles du tout Paris, le critère d’un métier aux horaires décalés est privilégié. «Le matin tôt, on a principalement des facteurs, boulangers, hôtesses de l’air…, détaille Christine Semaille. Alors qu’en soirée, ce sont plutôt des cadres supérieurs, des policiers et intermittents qui ont besoin de garde tardive. C’est d’autant plus important pour les familles mono-parentales ou quand un des parents part en déplacement. Cette solution permet d’éviter un coût supplémentaire de baby-sitting. Sans compter que peu d’étudiants sont emballés à l’idée de garder un enfant dès 5h30…»

Depuis le 6 février 1996, lancée par l’association La maison des Bout’chou, cette puéricultrice gère enfants, parents et les 50 membres de l’équipe d’encadrants. «C’est une savante cuisine pour assurer un service continu tout en respectant les huit heures légales de travail.»  

«Un véritable soulagement»

Vers 7h, Fatou dépose son fils de 11 mois. Pour cette mère, qui travaille à Roissy dans une boutique de cosmétique, cette crèche est «un véritable soulagement. Je ne sais pas comment j’aurais fait sans, parce qu’il m’arrive de commencer à travailler à 6h, parfois, je finis à 21h et je bosse aussi le samedi.»

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Cette crèche associative, qui affiche un tarif semblable à celui des crèches municipales, est donc très courue. «Notre liste d’attente est longue», reprend Christine Semaille. Mais elle précise que sur la tranche très décalée, de 5h30 à 7h30 et de 18h30 à 22h, seulement 30% de la crèche est remplie. «Il n’y a pas besoin de 50 crèches avec des horaires aussi étendus, sauf peut-être dans le nord de Paris où il n’y en a pas. Mais le vrai manque, c’est jusqu’à 20h30.»

A 6h30 ce mercredi, le local à poussettes compte moins d’une dizaine d’occupants. Mais déjà, Aurélien fait de beaux rêves dans la salle des calinous. «Parfois ils ne se réveillent même pas, les parents les déposent endormis», explique Emmanuelle, auxiliaire de puériculture. Pia, la mère d’Elias tente de calmer le gros chagrin de son fils de 11 mois qui ne veut pas laisser sa mère, externe en médecine, rejoindre ses cours. «Avec les gardes à partir de 6h45 ou jusqu’à 20h45 et le fait que son père a plusieurs emplois, on cumule les exigences! Pour nous, cette crèche est parfaite. D’autant que les places dans les crèches des hôpitaux sont réservées aux internes en spécialisation. Et de toute façon elles sont prises d’assaut…» Malgré l’heure matinal et une fois les larmes séchées, Elias et Lou finissent par trouver leur bonheur avec les duplos et autres livres.