Roubaix: L'emploi comme fil rouge

MUNICIPALES 2014 Pas moins de dix candidats se sont engagés dans la bataille...

Gilles Durand

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M.Libert/20 Minutes

Ils sont nombreux à vouloir prendre soin de Roubaix. La ville, régulièrement désignée comme la plus pauvre de France, ne compte pas moins de dix candidats déclarés à l'élection municipale. Si la ville penche à gauche depuis 2001, la majorité s'est fissurée ces derniers jours avec deux listes en marge du PS, menées par d'anciens adjoint et collaborateur. Et comme en 2008, Slimane Tir (EELV) a décidé de faire cavalier seul. Ce manque d'union suffira-t-il à faire basculer la majorité à droite? Le candidat (UMP) Guillaume Delbar en est persuadé. La semaine dernière, il a sorti son premier atout sur le développement économique en proposant d'utiliser des locaux du siège de La Redoute pour en faire un Euratechnologies du e-commerce, baptisé Bl@nchemaille. «Adossé à ce géant de la vente à distance, ce lieu aurait du sens en servant d'hébergement aux start-up», annonce-t-il.

«Banlieue misérable»

Car le fil rouge de la campagne sera l'emploi. Le maire sortant (PS), Pierre Dubois, en est le premier conscient. «Les emplois créés ne correspondent pas au bassin d'emplois formé de personnes en général peu qualifiées», analyse-t-il. La faute au système de zones franches, selon Eric Mouvaux, candidat du Front de gauche: «Elles attirent des sociétés qui n'embauchent pas localement et s'en vont dès qu'elles peuvent. Il faut réorienter la politique économique de la ville.» Le candidat FN, Jean-Pierre Legrand, nouveau venu, ne veut plus que «Roubaix reste la banlieue misérable de Lille». Comme lui, ils sont nombreux à réclamer un rééquilibre au sein de Lille Métropole. Sécurité et propreté seront aussi au cœur de cette campagne. Avec l'abstention comme arbitre: elle était de 60% en 2008.

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• Verbatim de campagne à Roubaix

20 Minutes vous présente succinctement la profession de foi des candidats qui comptent se présenter à l’élection municipale de Roubaix…

Guillaume Delbar (UMP): Hormis son projet économique phare Bl@nchemaille, il compte sur le tissu de PME, PMI et artisans pour développer l’emploi. La saleté sera aussi un des ses combats principaux. «La police municipale dresse 200 PV  par an, c’est trop peu. Il faut réorganiser les services et mécaniser le nettoyage au lieu de maintenir des balayeurs comme au XIXe siècle»

Pierre Dubois (PS): Son projet est de « faire grandir Roubaix avec les Roubaisiens » sur les questions d’emploi, de sécurité et de propreté. La ville compte 44.000 emplois, alors que la main d’œuvre est de 40 000 personnes. L’objectif: adapter les emplois proposés aux qualifications de la population. «La ville doit mieux mobiliser les habitants dans la bataille de la propreté et de la sécurité.»

Jean-Pierre Legrand (FN): Première candidature pour ce retraité de l’imprimerie. Il veut lutter contre «la lente dégradation de Roubaix qui est le parent pauvre de la métropole lilloise». «La ville n’a plus les moyens d’accueillir une population déshéritée et immigrée». La lutte contre l’insécurité sera au cœur de sa campagne. «Une ville attractive, c’est une ville sûre»

Eric Mouvaux (Front de gauche): Il souhaite réorienter la politique économique de la ville. L’idée: accélérer la rénovation énergétique et phonique  des logements en s’appuyant sur le réseau d’entreprises locales. «Il faut sortir du système de zones franches». L’organisation des comités de quartier sera modifiée «en impliquant la population avant que els choix ne soient décidés».

Richard Olszewski (SE): Fin janvier, il a été le dernier candidat à s’engager. Cet ancien adjoint avait quitté les rangs du PS roubaisien pour rejoindre le député-maire de Wattrelos Dominique Baert lors des élections législatives de 2012. Il pratique l’ouverture qui va des Gaullistes sociaux au parti pirate. Il mène une liste «humaniste et social de progrès» et promet de «changer le mode de fonctionnement».

André Renard (ex-PS): Depuis novembre, il constitue une «liste qui regroupe les citoyens de tous bords». Ancien collaborateur à la mairie, il met en avant son expérience et sa connaissance des dossiers. «Nos deux grandes divergences avec la majorité portent sur la réforme des rythmes scolaires qui a été montée à la hussarde et la place trop petite de Roubaix dans la métropole». Chaque mois, il promet que l’équipe municipale se rendra dans un quartier toute la journée pour être à l’écoute des habitants.