Municipales 2014 : Autour de Toulouse, des bastions de gauche disputés

POLITIQUE Dans les communes périphériques, des listes dissidentes voient le jour...

Béatrice Colin

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Frédéric Scheiber/20 Minutes

Dans l’agglomération toulousaine, les dissidences vont bon train. Mardi, Marie-Christine Calvairac, élue (PS) à Blagnac, annonçait qu’elle ralliait la candidature de Bernard Loumagne, le premier adjoint sortant. Ce dernier a décidé de voler de ses propres ailes en décembre dernier, au même titre que son collègue du Front de gauche, Michel Indelicato. Des cailloux sur le boulevard qui s’offrait au maire PRG Bernard Keller qui n’avait, il y a encore peu, qu’un seul concurrent, l’UMP David Gerson. 

Mais il n’est pas le seul à voir surgir des candidatures alternatives du même bord politique. A Cugnaux, Philippe Guérin (PRG) devra composer à gauche avec son ex-adjoint aux finances, Pierre… Guérin. A Colomiers, un fief du PS, Jean Raymond, le fils d’Alex, qui fut maire de 1966 à 2001, a décidé de se lancer mardi dans l’arène des municipales. Pas pour soutenir Karine Traval-Michelet, la dauphine socialiste du maire sortant, Bernard Sicard. Ni pour être tête de liste, « il y en a déjà quatre, une cinquième ce serait curieux », explique ce chef d’entreprise encarté au PS. Mais avec son groupe de réflexion « Colomiers en action », il espère peser de tout son poids dans la campagne et pourquoi pas être de la partie. Peut-être aux côtés de François Dumas qui part à la tête d’une liste soutenue par le Front de gauche.

« Ça fait partie du jeu »

« Je suis ravi que l’on se retrouve avec Jean Raymond pour dire que cela ne va pas, notamment dans la façon d’assumer les responsabilités politiques », convient le leader de la Gauche Rassemblée. Avec la candidature de Patrick Jimena d’EELV et celle de l’UMP Damien Laborde, la socialiste Karine Traval-Michelet doit composer. « Cela fait partie du jeu démocratique. Et Bernard Sicard ne se représentant pas, il y a des appétits individuels. Le contexte national a aussi changé et les stratégies des partis se déclinent au niveau local », relève la candidate.

« Il y a les vrais et fausses dissidences. Parfois, ce sont des schismes qui se concrétisent au grand jour, parfois, ces candidatures naissent pour faire monter sa propre valeur. Les municipales permettent ce genre de choses, ce qui n’est pas le cas des scrutins nationaux où l’étiquette d’un parti joue », conclut Laurent Dubois, politologue toulousain.