Un candidat du troisième type à Toulouse

PORTRAIT Jean-Pierre Plancade, un «sans-parti» à l'assaut du Capitole...

Hélène Ménal

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Le sénateur a bouclé sa liste. Tous ses colistiers viennent de la société civile.
Le sénateur a bouclé sa liste. Tous ses colistiers viennent de la société civile. — F. Scheiber/20 Minutes

Jean-Pierre Plancade le martèle : «Toulouse ne doit être ni à droite, ni à gauche, elle doit être devant.» Et lui aussi. A 64 ans, le sénateur s'est mis en congé du Parti radical de gauche pour briguer le Capitole. A ceux qui raillaient son initiative, prédisant un feu de paille, il a répondu mercredi en dévoilant le nom de ses 68 colistiers. Ils sont chefs d'entreprise, coach sportif, mère au foyer ou avocats.

Et ils se sont laissé convaincre par ce candidat «humain» et «à l'écoute», qui se présente «sans parti» et «sans argent». Un candidat hors système en somme, ce qui est déjà un tour de force pour celui qui est conseiller général sans discontinuer depuis 1982 et sénateur depuis 1998.

Métro, culot, vidéo

L'ex-socialiste, et ex-radical, est à 1 % dans les sondages, mais ses troupes n'en ont cure. Elles croient en ce «troisième homme». Myriam, son épouse, forcément admirative de ce féru de poésie, le trouve «courageux». Elle se souvient qu'aux dernières sénatoriales, quand il est parti seul contre l'appareil socialiste, on ne donnait pas cher de sa peau. «Et bien il a gagné !», rappelle-t-elle.

Sans tabou, Jean-Pierre Plancade estime qu'il faut des caméras et des policiers et qu'il n'y a «pas de sous-quartier». Mais il pense aussi que pour accéder au Capitole, il faut être au moins aussi «visionnaire» que «gestionnaire».

L'ancien président de Tisséo, une pétaudière politique qu'il a géré dans le consensus, promet donc une troisième ligne de métro, voire plus culotté encore (lire encadré). Il veut mettre le paquet sur le rayonnement international de Toulouse, en faire «un phare». Bernard Farjounel, une connaissance de fac désormais colistier, le suit sur ce terrain-là. «C'est un homme capable de communiquer son enthousiasme et de vendre Toulouse à l'extérieur», dit-il.

 

■ Navettes aériennes

Lundi, Jean-Pierre Plancade fait venir à Toulouse l'Américain Jerry Sanders, patron de SkyTran. Cette société développe des «navettes rapides individuelles». Ces modules à deux places circulent sur des rails aériens et fonctionnent à l'énergie solaire, avec un petit côté Blade Runner. «Je sais qu'on va dire que c'est de la science-fiction mais c'est rapide et quinze fois moins cher que le métro», dit le candidat qui veut mettre des stations sur la rocade.