Municipales à Paris: Ce que l'on peut retenir du débat

Alexandre Sulzer

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Montage photo: Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo, Wallerand de Saint-Just, Danielle Simonnet et Christian Najdovski.
Montage photo: Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo, Wallerand de Saint-Just, Danielle Simonnet et Christian Najdovski. — SIPA

Aucune grosse surprise dans le débat qui a opposé mercredi soir l’adjointe au maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, la députée (UMP) Nathalie Kosciusko-Morizet, l’adjoint au maire (EELV) Christophe Najdovski, la secrétaire nationale du Parti de gauche (PG) Danielle Simonnet et le candidat du Front National Wallerand de Saint-Just.

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Chacun de ces candidats à la mairie de Paris a profité de cette première grande messe médiatique pour travailler son territoire de marque et son positionnement. Tour d’horizon.

Anne Hidalgo, la candidate de l’expérience

Se disant «fière» du bilan, l’actuelle première adjointe a mis en avant beaucoup de chiffres. Souvent pour démonter les idées avancées par sa rivale UMP, notamment en ce qui concerne la couverture du périphérique. «J'ai élaboré un projet, je l'ai chiffré», a-t-elle lancé pour souligner son côté pro qui connaît son affaire. Et de conclure: «Il s'agit de servir Paris, pas de s'en servir.» Pour elle, l’ambition s’arrêterait aux frontières du périphérique sur un territoire qu’elle connaît sur le bout des doigts. Pas comme d’autres, suivez mon regard…

Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate du renouvellement

Offensive, notamment lorsqu’elle a dénoncé une «fatwa» de la Ville sur les automobilistes, la députée UMP a plaidé pour une «alternance démocratique». Elle a valorisé ses idées les plus audacieuses comme l’extension des horaires de crèches et du métro le week-end, la couverture du périphérique, l’expérimentation de la piétonisation dans certains quartiers. Sur la défensive concernant le projet de réaménagement de l’avenue Foch auquel elle s’oppose, elle a contre-attaqué: «c'est comme créer une piscine à 500 mètres de la mer», en référence à la proximité du bois de Boulogne. En conclusion, NKM a évoqué des modernes «référendums d’initiative parisienne» et une mystérieuse lettre qu’elle adressera prochainement à «chaque Parisien». Le renouvellement n’exclut en rien la proximité.

Christophe Najdovski, le candidat de la modestie

Outre l’évidente défense de l’écologie politique, l’élu EELV s’est dressé contre les «projets pharaoniques» comme le stade Jean Bouin et le Philarmonique «dont les coûts explosent». Lui veut «inverser les priorités» au profit d’«installations de proximité». Seule entorse à cette règle d’ambition raisonnable: «un tramway le long de la Seine». Et preuve, une nouvelle fois, de son humilité, l’actuel adjoint a conclu en rappelant aux Parisiens «qu'on peut fusionner les listes au second tour». Histoire de rappeler qu’il se ralliera in fine au PS.

Danièle Simonnet, la candidate anti-austérité

La candidate du Parti de Gauche a joué à fond sa partition d’extrême-gauche, renvoyant dos-à-dos les deux favorites: «Vous êtes, Mme Hidalgo et Mme NKM, dans le carcan de l'austérité.» Elle est la seule à assumer une augmentation des impôts «pour les plus riches» et à vouloir se référer aux syndicats et à leur demande d’augmentation d’effectifs pour régler la question des transports publics. Elle regrette que la Ville n’ait jamais procédé à des réquisitions de bureaux ou de logements vides.

Wallerand de Saint-Just, le candidat de la différence

«Je suis le seul candidat qui tranche vraiment par rapport à l'UMP et le PS», a conclu le frontiste qui n’a eu de cesse de se distinguer de l’ensemble de ses rivaux. Il est ainsi le seul à proposer de revendre des logements sociaux à des classes moyennes, à baisser les impôts (sans s’encombrer des détails pratiques), à couper dans les aides sociales notamment pour les enfants en difficulté, à ne pas vouloir développer les transports en commun pour défendre les voitures. Différent, quoi.