«Il faut être plus offensif sur les possibilités industrielles»

Elsa Provenzano

— 

Vincent Maurin, candidat aux Municipales pour le Front de Gauche. 
 
Vincent Maurin, candidat aux Municipales pour le Front de Gauche.   — S.Ortola / 20 minutes

Une affiche de Nelson Mandela est placardée dans son bureau. Il a d’ailleurs  proposé que le grand stade en construction prenne le nom de ce grand homme. Il a fait partie des engagés de la première heure pour sa libération, dès 1986. Un combat parmi d’autres pour ce militant des droits de l’homme, attaché aux valeurs d’égalité et de justice. Il a commencé à s’engager politiquement à Bordeaux en 2001 et siège actuellement comme conseiller municipal d’opposition. «Mes engagements de jeunesse sont toujours d’actualité. Pourquoi le racisme refleurit ? A mon sens, le chômage, le manque de logements sociaux et les services publics qui ne jouent plus vraiment leurs rôles expliquent que certains se replient sur eux-mêmes et en arrivent à un rejet de l’autre», analyse t-il.

«Je parle de choses que je connais»

Vincent Maurin dirige un des gros groupes scolaires de Bordeaux, dans le quartier Bacalan. «Je ne suis pas un professionnel de la politique. Quand je parle de difficultés d’insertion et de logements sociaux, je suis au cœur de cette problématique de par mon expérience professionnelle », souligne t-il. Il est investi localement sur le terrain, dans l’association «vie et travail à Bacalan», et une association sportive du quartier, très active en Gironde. «Je vais parler un peu de choses que je connais. Et je suis un militant, qui continue à militer lorsque les élections sont finies», pointe t-il.

Plan d’urgence pour le logement social

 «Pour atteindre les 20 % imposés par la loi il faudrait construire 7000 à 8000 logements sociaux. Moi je pense qu’il faut un vrai plan d’urgence pour le logement social, il faut en construire au moins 10 000, d’ici 5 ans», explique Vincent Maurin. Comme le candidat socialiste, Vincent Feltesse, il est favorable à la création d’un établissement public foncier.

Une filière économique à développer à partir du fleuve

L’emploi c’est l’autre grande préoccupation du candidat, très engagé sur le projet de refit
(réparation de yachts) aux Bassins à flot, alors que le risque de nuisances pour les riverains pourrait mettre en péril sa réalisation. «C’est il y a un an, en amont du projet de l’architecte Nicolas Michelin qu’il aurait fallu être plus offensif comme je l’avais suggéré alors. On aurait pu choisir de construire le quartier en fonction du refit», glisse t-il. Au-delà du projet de refit, il estime qu’un espace économique lié à la batellerie pourrait se créer aux Bassins à Flot.

«Il faut être plus offensif et se mobiliser sur les possibilités industrielles », poursuit-il, évoquant les beaux potentiels des filières nautique et électrique ( Saft, fabricant de batteries est implanté à Bordeaux). Il pense même qu’une nouvelle filière économique peut naître à partir du fleuve. «Les granulats pourraient être amenés sur les chantiers par voie d’eau et on pourrait développer des circuits courts qui transiteraient par le fleuve, ce serait une nouvelle logistique urbaine», déclare  le candidat du Front de Gauche. Il avance aussi une idée, qui lui est venue alors qu’il s’était rendu sur un marché paysan, place Stalingrad : «certains producteurs du Lot et Garonne pourraient venir vendre leurs produits à Bordeaux, en empruntant la Garonne». Il a inauguré son local, cours de l’Yser, mercredi et fera campagne avec le slogan «Bordeaux pour tous».