Feltesse veut créer une pépinière numérique dans le quartier « oublié » des Aubiers

Elsa Provenzano

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L'ancien siège du bailleur social Aquitanis, aux Aubiers. 
 
L'ancien siège du bailleur social Aquitanis, aux Aubiers.   — S.Ortola / 20 minutes

Vincent Feltesse a donné un coup de projecteur le quartier populaire des Aubiers. Il avait annoncé lors de la présentation de son programme qu’il souhaitait y développer une pépinière numérique. Il a détaillé son projet, ce lundi, en partant du constat que les Aubiers restent à l’écart du dynamisme économique du secteur du Lac. «Le revenu médian y est légèrement supérieur à 500 euros par famille. A Bordeaux, c’est trois fois plus. Le taux de chômage est de 30 % aux Aubiers quand il est de 13 à 14 % à Bordeaux», lance le candidat.

L’ancien siège d’Aquitanis disponible

Aquitanis a déménagé il y a quelques mois dans le quartier Ginko, le bâtiment qu’occupait le bailleur dans le quartier des Aubiers est resté vacant. Vincent Feltesse, candidat socialiste aux Municipales y voit l’endroit idéal pour installer sa pépinière numérique et éco-solidaire, en s’appuyant sur la plateforme de l’initiative, développée par Emploi Bordeaux et les associations professionnelles du numérique. «Le local est inoccupé et Aquitanis ne demande qu’un loyer modeste, de l’ordre de quelques milliers d’euros», plaide t-il.

Un domaine porteur

L’objectif est de créer 60 à 100 emplois par an et ce rythme pourrait même s’accélérer, dans les années suivantes, selon le candidat socialiste qui estime que le numérique a une belle marge de progression. «Par exemple, on manque de codeurs en France», pointe t-il.  Partant de ce constat, il souhaite proposer des formations courtes sur quelques mois. Il pourrait y avoir une antenne de Simplon.co, un espace de formation intensive au développement web et mobile, implanté à Montreuil. «Nous avons des contacts avec eux», précise t-il.

Dans les quartiers, l’équipe du candidat pointe une vraie demande pour être autonome et créer sa propre entreprise. Selon une étude Ifop de 2010, un habitant sur quatre et un jeune sur deux qui habite les zones urbaines sensibles souhaite créer son entreprise. «Ce n’est pas opération caritative. Vous avez envie et nous on va vous aider à faire un hub, un truc exemplaire», a lancé Jean-Louis Blouin, porte-voix économique du candidat et chef d’entreprise.

Un projet réalisable rapidement

Le lieu pourrait commencer à fonctionner début 2015. Le budget prévisionnel, par an, sur les deux premières années est estimé à 300 000 euros environ pour 500 m2 occupés et 15 à 18 projets menés par an. Trois personnes encadreraient les bénéficiaires de la pépinière, dans un premier temps. Le financement serait assuré par les des fonds publics mais aussi via du Crowdfunding ( financement participatif) dans sa phase d’amorçage et grâce au mécénat de grandes entreprises privées et publiques du territoire de Bordeaux-nord.  

«Il n’est pas question d’instrumentaliser le projet pour la campagne. Je prends l’engagement que d’ici six semaines, les demandes de subventions pour le dossier seront finalisées. Je peux le faire comme président de la Communauté urbaine de Bordeaux ( CUB) mais si je suis élu maire je pourrai faire plus pour tous les quartiers», a déclaré Vincent Feltesse qui a mis en avant les pépinières de Bègles et de Blanquefort, lancées dans des délais assez courts.