Municipales 2014: A Montpellier, personne ne se lave les mains de la propreté

POLITIQUE Chaque candidat a ses idées pour rentre la capitale héraultaise plus propre...

Nicolas Bonzom et Jérôme Diesnis

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La classe politique est unanime : la ville de Montpellier est bien moins propre que de nombreuses autres communes.
La classe politique est unanime : la ville de Montpellier est bien moins propre que de nombreuses autres communes. — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Rarement sujet n'aura été autant consensuel. Quels que soient leurs bords politiques, tous les candidats aux municipales partagent le même constat. «Montpellier est bien moins propre que de nombreuses communes», résume Muriel Ressiguier (Front de gauche). Pointée du doigt, la dichotomie entre le nettoyage de la voirie, du ressort de la mairie, la collecte et traitement de la responsabilité de l'agglomération. «Tout le monde se renvoie la patate chaude», tranche France Jamet (FN).

«Le principe pollueur-payeur»

Le candidat PS et patron de l'agglomération Jean-Pierre Moure le note. «L'organisation est défaillante. Tout sera réuni sous une seule direction opérationnelle, afin d'être plus lisible et plus efficace.» Mais pour Philippe Saurel (divers gauche), le problème est éthique. « Comment peut-on exiger un meilleur nettoiement par l'entreprise Nicollin, avec une telle promiscuité entre milieux politiques et économiques », s'interroge-t-il, évoquant la présence de l'homme d'affaires éponyme sur la liste de soutien de Jean-Pierre Moure. Si le candidat PS veut «plus de proximité des élus afin d'exiger plus de civisme». France Jamet revendique de son côté «le principe du pollueur-payeur».

«Impossible de trouver des toilettes publiques»

L'analyse est partagée en partie par Jacques Domergue (UMP), notamment sur les tags. «Chaque gamin pris à dégrader un bien commun ira nettoyer avec des travaux d'intérêt général, il faut responsabiliser les gens.» La tête de liste d'Ici c'est Montpellier soulève un autre problème: «Il est impossible de trouver des toilettes publiques.» Son objectif : «En mettre gratuitement à disposition de tous. Et imposer aux gestionnaires de parkings souterrains, via les appels d'offres, d'en proposer gratuitement.» La dégradation du cadre de vie est une antienne de cette campagne. «On peut beaucoup mieux faire avec moins d'argent», conclut Joseph Francis (UDI).

■ « On peut faire mieux avec autant d'argent »

Présent à la mobilisation citoyenne à Celleneuve, dimanche (lire ci-dessous), Philippe Thinès (PRG), délégué à la qualité de l'espace public, a réagi à la problématique de la propreté. « C'est d'abord la faute à l'incivilité des gens, et au laxisme de la pénalisation de la pose de déchets n'importe où, confie-t-il. Ensuite, il faut revoir le système de gestion. On peut faire mieux avec autant d'argent. Et ce partage entre la ville et l'agglomération est trop compliqué. »