«Pour les municipales, je regarde les programmes sans me soucier si c'est de droite ou de gauche»

TÉMOIGNAGE éo, internaute de 17 ans, votera pour la première fois en 2014, «un peu concerné»...

Christine Laemmel

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Léo, internaute de «20 Minutes»

Il aura 18 ans le 25 février. Un mois plus tard, Léo se rendra dans un bureau de vote de Besançon (Doubs), pour mettre le premier bulletin de sa vie dans une urne. Il contribuera à désigner le maire de sa ville. Alors qu’un baromètre anticipe la participation aux élections municipales à 52%, que la confiance envers l’efficacité de la classe politique décroit, dans quel état d’esprit peut bien être un jeune électeur? Léo, 17 ans, nous répond.

>> Tout au long de la campagne des élections municipales, 20 Minutes publiera les portraits de jeunes électeurs. Vous voterez pour la première fois en 2014? Fier, paumé, indifférent, comment vous sentez-vous à quelques semaines de vos premières élections? Comme Léo, témoignez, dans les commentaires ou écrivez-nous à contribution@20minutes.fr.

«Les municipales sont très importantes, assure tout de suite le jeune homme, c’est tout notre quotidien qui pourrait être bouleversé». Il cite de lui-même le «devoir de citoyen» en donnant du corps à cette expression parfois galvaudée. «C’est plus qu’un devoir, se reprend-il, c’est dans notre intérêt à nous.»

Léo a déjà consulté les propositions des différents candidats. «Je pèse le pour et le contre et je me demande, qu’est-ce qu’il peut faire pour ma ville?» Pragmatique, il avoue lire les programmes «sans se soucier si c’est de droite ou de gauche ou contraire à la "bien-pensance". Ce que font les politiques, ça m’intéresse, poursuit-il, pas la politique. On est toujours tellement déçu, je n’ai pas de choix à faire.»

«On a mis notre petite graine dans l’action de la ville, ça a été un révélateur»

Sur ce principe, Léo a déjà fait son choix. Son bulletin ira au maire sortant. «Il est du PS, mais c’est l’homme qui m’intéresse, précise-t-il. Je pense voter pour lui, parce que c’est plus avantageux pour moi.»

Un sens civique inné? Pas vraiment. La «révélation» a eu lieu après sa participation au «Conseil bisontin des jeunes», une initiative locale pour intéresser les collégiens à l’éducation civique. En un an, Léo et une trentaine de jeunes ont créé une brochure pour sensibiliser sur le handicap moteur. «On a mis notre petite graine dans l’action de la ville, retient Léo, ça a été un révélateur.»

Depuis 2010, il a enchainé les actions. S’impliquant dans un groupe de réflexion sur l’engagement citoyen, allant jusqu’à présenter un projet devant le parlement européen des jeunes.

«Je ne me sentirais pas à l’aise si je prenais ma carte dans un parti»

Avant ces démarches «je trouvais tout ça complètement barbant» avoue-t-il. Un «ancien lui», qu’il compare aux abstentionnistes actuels. «Il y en a qui sont complètement désabusés, regrette-t-il, qui rejettent la politique par principe, je trouve ça vraiment dommage. Comme s’ils étaient restés dans l’optique de la politique que j’avais avant.»

«Quand on est jeune, on nous parle d’engagement citoyen, mais de notre petit coin, on s’en fiche complètement, se souvient-il. Voir les coulisses de la ville, ça m’a conforté dans l’idée que j’ai un rôle à jouer.»

Et son implication sera totale mais personnelle. Inconcevable dans sa logique d’intégrer un parti politique. «Je ne me sentirais pas à l’aise si je prenais ma carte dans un parti, nous dit Léo, je veux faire bouger les choses à mon échelle, sans être influencé par un groupe. Je veux moi-même voir quelle est la solution.»