Paris: Un projet de transformation de l'avenue Foch suscite la controverse

MUNICIPALES La candidate PS à la mairie, Anne Hidalgo, s'est montrée favorable, alors que la droite parisienne dénonce un projet «irréaliste», voire «complètement farfelu»...

B.D. avec AFP

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Vue de l'avenue de la Grande Armee et de l'avenue Foch à Paris, le 26 juin 2009.
Vue de l'avenue de la Grande Armee et de l'avenue Foch à Paris, le 26 juin 2009. — Eye Ubiquitous / Rex Fe/REX/SIPA

Un nouveau projet d'urbanisme a fait irruption ce dimanche dans la campagne des municipales à Paris, suscitant la controverse entre gauche et droite, à propos cette fois du très huppé XVIe arrondissement et de sa célèbre avenue Foch, qui pourrait être en partie transformée en parc urbain.

Le projet, présenté dans le Journal du dimanche et auquel la candidate PS à la mairie Anne Hidalgo s'est montrée favorable, prévoit de limiter aux contre-allées la circulation automobile sur cet axe long d'1,3 km, rendant aux piétons la largeur des quatre voies centrales.

Une « proposition ambitieuse» pour Anne Hidalgo

Sur la moitié de sa longueur, côté Arc de Triomphe, l'avenue serait transformée en vaste place publique bordée d'immeubles et de commerces et, sur l'autre moitié, côté périphérique, en espace boisé de 67.000 m2, de manière à «faire entrer le bois de Boulogne dans Paris», selon les porteurs du projet cités dans le JDD, la société Constructions et Développements urbains (CDU) et le cabinet d'architectes Hamonic, Masson et associés.

«Nous sommes prêts avec Thomas Lauret, tête de liste (PS) dans le 16e arrondissement, à étudier avec soin cette proposition ambitieuse qui dynamisera ces quartiers de l'Ouest parisien en construisant des logements sociaux ainsi que pour les classes moyennes et les jeunes actifs, tout en créant un espace public exceptionnel», a réagi Anne Hidalgo dans un communiqué.

Le projet prévoit aussi la construction de 400.000 m2 de logements en surplomb du périphérique et au bord du bois de Boulogne, entre les portes Dauphine et d'Auteuil. La candidate socialiste y voit un potentiel de «5.000 à 7.000 logements mixtes» avec «tous les équipements publics nécessaires».

La droite dénonce un projet «irréaliste», voire «complètement farfelu»

La droite parisienne, dont le XVIe est un des fiefs, a dénoncé un projet «irréaliste», voire «complètement farfelu», a dit au jdd.fr le député-maire UMP de l'arrondissement Claude Goasguen. Valérie Montandon, une porte-parole de la candidate UMP à la mairie Nathalie Kosciusko-Morizet, a reproché à Anne Hidalgo de vouloir «déclasser l'existant plutôt que de relever les défis urbains en travaillant les espaces délaissés».

«Entièrement classée zone verte urbaine», l'avenue Foch est aussi «la seule avenue de Paris classée aux Monuments historiques», a-t-elle rappelé dans un communiqué. Une présentation du projet à la presse est prévue mardi avec le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen, président du groupe de réflexion «Grand Paris des citoyens», selon un communiqué des initiateurs.

Claude Goasguen a reproché à ce dernier «une arrière-pensée», estimant qu'«il rêve maintenant de la présidence de la Métropole du Grand Paris» après avoir laissé Mme Hidalgo seule briguer la succession du maire de la capitale Bertrand Delanoë. Invité dimanche du «Grand entretien» de la Radio de la communauté juive (RCJ), Jean-Marie Le Guen a vanté «un projet considérable», susceptible de créer «20.000 emplois» et qui «ne va pas coûter 1 centime d'argent public», la ville comptant vendre ses terrains à des investisseurs privés.

Il y a quelques jours, les camps NKM et Hidalgo s'étaient opposés à propos de la transformation du quartier Bercy-Charenton à l'est (XIIe), la droite défendant un projet concurrent de celui de la municipalité socialiste. Le vaste chantier en cours pour la rénovation des Halles (Ier) ou le projet de Tour Triangle (XVe) valent aussi régulièrement des critiques à l'exécutif municipal sortant et à Anne Hidalgo, émanant de l'UMP comme des écologistes.