Municipales 2014: Le Front national fait des appels du pied aux candidats et dissidents UMP à Paris

Anne-Laëtitia Béraud

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Wallerand de Saint-Just (au centre), chef de file FN aux élections municipales à Paris, le 16 janvier à Paris.
Wallerand de Saint-Just (au centre), chef de file FN aux élections municipales à Paris, le 16 janvier à Paris. — F. DUFOUR/AFP PHOTO

De la drague plus ou moins appuyée. Le Front national adresse des œillades aux candidats de l’UMP «ou des personnalités qui s’en réclament» à Paris pour faire «pour faire battre la gauche» aux municipales. Cette alliance se nouerait en vue du second tour de ces élections. Car, comme l’explique le chef de file FN Wallerand de Saint-Just ce mercredi, «les possibilités de fusion et notre charte pour les municipales sont des instruments qui peuvent peut-être nous faire battre la gauche dans la capitale».

>> La charte FN-RBM pour les municipales, à lire ici

Parmi les personnalités parisiennes «fronto-compatibles» citées par Wallerand de Saint-Just figureraient Pierre Lellouche (8e), les maires Philippe Goujon (15e) et Claude Goasguen (16e). «Nous avons les bras grands ouverts», abonde Paul-Marie Coûteaux, candidat dans le 6e arrondissement, citant les dissidents Jean Tibéri (5e) et Charles Beigbeder (8e). «Charles Beigbeder a été exclu mercredi de l’UMP, je pense vraiment que sa place est parmi nous», argue Paul-Marie Coûteaux.

Comment expliquer ce changement de stratégie, alors qu’en juin, lors de la présentation de Wallerand de Saint-Just comme chef de file FN pour Paris, ce dernier citait les «sœurs jumelles bobo que sont Nathalie Kosciuko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS)»? Une expression qu’affectionnent la présidente du Front national Marine Le Pen et ses troupes, qui honnissent Nathalie Kosciusko-Morizet pour son ouvrage Le front antinational

«En politique, on n’est pas obligé de s’embrasser sur la bouche 24h sur 24h»

«A Paris, il y a 20 arrondissements, il y a 20 élections. Nathalie Kosicuko-Morizet est peut-être primus inter pares (chef de file de l’UMP à Paris), mais dans les faits, elle n’est que la candidate UMP du 14e arrondissement», minimise Wallerand de Saint-Just. Avant de tendre la main: «N’oublions notre objectif principal, celui de battre la gauche. S’il faut pour cela s’allier avec des candidats UMP ou des gens qui se réclament de l’UMP, alors pourquoi pas. En politique, c’est comme cela que ça fonctionne. En politique, on n’est pas obligé de s’embrasser sur la bouche 24h sur 24h. On travaille ensemble sur un projet pour une mandature donnée.»

Selon Paul-Marie Coûteaux, «Le besoin d’alliance est toujours un signe de force. La faiblesse est clairement du côté de l’UMP aujourd’hui. C’est au moment où c’est la zizanie qu’il faut parler à ces éléments dispersés. C’est plus facile d'investir une citadelle qui s’écroule que dans une citadelle qui a levé le pont-levis». Les œillades frontistes à droite sont peut-être moins amicales qu’elles n’y paraissent.