A Grenoble, le franc-tireur Denis Bonzy veut rassembler au-delà des partis

PORTRAIT Ancien candidat aux primaires UMP, le président du Club 20 conduira une liste société civile...

A Grenoble, Manuel Pavard

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Denis Bonzy, candidat aux municipales à Grenoble.
Denis Bonzy, candidat aux municipales à Grenoble. — M. Pavard / Pleins Titres

Contrairement à la plupart de ses adversaires au 1er tour, Denis Bonzy n’est pas tombé tout jeune dans la marmite de la politique. « Au lycée et à l’université, je n’ai eu aucun engagement, indique ce Grenoblois de 58 ans. La seule personnalité politique que je suivais un peu, c’était Chaban-Delmas. » L’essentiel de son temps est alors occupé par les études et le sport – il pratique assidûment le tennis, le jogging et le VTT. Après des études de droit à la fac de Grenoble et son service militaire chez les parachutistes, Denis Bonzy est recruté en 1980 par la Chambre de commerce et d’industrie en tant que chargé d’études juridiques puis directeur du service d’information aux entreprises.

Le tournant interviendra en 1983 avec sa nomination comme directeur de cabinet du nouveau maire de Grenoble Alain Carignon. « Je faisais partie d’un groupe de travail pour les municipales, raconte-t-il. J’ai rencontré des gens et comme je ne rédigeais pas trop mal, on m’a proposé ce poste. Mais c’était plutôt dans un cadre technique, je n’ai pris ma première carte d’un parti [le RPR] qu’en 1985. » Après avoir quitté ses fonctions à la mairie de Grenoble en 1986, Denis Bonzy enchaîne les responsabilités publiques (président de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse) et les mandats électifs (conseiller général et régional, maire de Saint-Paul-de-Varces), tout en « gardant toujours une activité professionnelle à part entière ». Une période qui s’achèvera en 2001. « J’ai tout arrêté en raison de gros soucis de santé dans ma famille », explique-t-il. Entre-temps, le juriste a quitté le RPR, en 1991 : « J’ai une personnalité très indépendante et j’avais proposé d’organiser une primaire pour les élections régionales de 1992. » Devant le refus du parti gaulliste, il décide (déjà) de conduire une liste société civile.

« La liste n’est pas marquée politiquement »

Après un « break politique » d’une dizaine d’années, Denis Bonzy crée, en 2011, le think tank Le Club 20, avec pour objectif de « formuler des propositions différentes sur l’évolution de l’agglomération ». Naturellement, le projet de primaires ouvertes lancé par l’UMP le séduit particulièrement. « En 1984, j’ai été invité aux Etats-Unis pour suivre la campagne de John Kerry à Boston, pour son premier mandat au Sénat. J’ai été enthousiasmé par ce processus qui consiste à rendre la parole aux citoyens. » Ce tropisme américain le suivra durant toutes ces années, preuve en est l’écriture, en 2008, d’un ouvrage sur la campagne de Barack Obama, suivie du lancement d’un blog sur la présidentielle américaine. Quant aux primaires UMP, elles finiront en eau de boudin. « J’en ai tiré les conséquences et vu la façon dont la désignation est intervenue et dont la liste s’est engluée dans le brouillard, mon choix a été le bon », affirme Denis Bonzy.

En mars prochain, le président du Club 20 mènera donc la liste Nous citoyens, qui égrène ses propositions au fur et à mesure depuis le 13 décembre. Si son parcours le classe indéniablement à droite, Denis Bonzy précise que « la liste n’est pas marquée politiquement. Il y a des sensibilités très diverses, notamment des personnes ayant des engagements syndicaux et donc plutôt marquées à gauche. » L’objectif est clair : « être présent au 2e tour ». Des ambitions qui se heurtent évidemment à celles de l’UMP. « L’équipe de Matthieu Chamussy est très agressive mon égard sur les réseaux sociaux. Mais il existe une différence fondamentale entre eux et moi : je n’ai pas besoin de la politique pour vivre ! »