Municipales 2014: Les villes où l'UDI et le Modem, réunis dans l’Alternative, avancent divisés

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-Louis Borloo de l'UDI et François Bayrou du Modem officialisent leur union politique baptisée «l'Alternative» lors d'une conférence de presse à la Maison de la chimie à Paris, le 5 novembre 2013.
Jean-Louis Borloo de l'UDI et François Bayrou du Modem officialisent leur union politique baptisée «l'Alternative» lors d'une conférence de presse à la Maison de la chimie à Paris, le 5 novembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La flottille centriste avance divisée à l’approche des municipales. L’UDI de Jean-Louis Borloo et le Modem de François Bayrou, alliés au sein de l’Alternative, peinent à rendre lisible leur stratégie pour ces scrutins. En cause: des alliances locales fluctuantes, notamment entre le Modem et la gauche, ce qui donne des poussées d’urticaire à l’UDI, pour qui l’UMP est le partenaire «naturel». 

Une quinzaine de villes illustrent les dissensions UDI-Modem: A Strasbourg, l'ex-maire Fabienne Keller (UMP) bénéficie du soutien du MoDem Alsace et de plusieurs conseillers municipaux UDI face à François Loos, candidat UDI à la mairie. A Dijon, des MoDem issus de l’équipe sortante de François Rebsamen (PS) s’engagent auprès de lui, au grand dam de François Sauvadet, député et président UDI du Conseil général de la Côte d’Or. Dans le nord, Lille, Roubaix, Dunkerque et Tourcoing, des membres locaux du MoDem s’engagent avec le PS, mais «le Modem [au niveau national] ne soutient pas cette initiative», précise Marc Fesneau, secrétaire général du Modem. «Et ne parlons pas d’Angers, Bourges ou encore Vierzon, où les situations ne sont toujours pas normalisées», regrette Nicolas Jeanneté, responsable des fédérations et des élections au Nouveau Centre-UDI.

«Quelle est la solidité de nos accords?»

A Aubagne, où certains Modem locaux s'associent au PC, le secrétaire général du Modem est clair : «Il n'y a pas d'investiture, et s'ils y vont, ils ne peuvent revendiquer le logo du Modem». Reste enfin le «casse-tête» Marseille. Dans la cité phocéenne, Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle (Modem) présentent une liste indépendante en faisant des appels du pied à l’ancien président de l’OM Pape Diouf. La situation est synonyme de «bordel» pour Nicolas Jeanneté. «Cela n’a rien de dramatique», argue Marc Fesneau, qui ajoute: «Au niveau national, nous avons 90 à 95% des candidatures qui ne posent pas problème». 

Dans les états-majors UDI et Modem, les crispations semblent pourtant s’intensifier. «Avec le Modem, maintenant ça passe ou ça casse. On se demande vraiment quelle est la solidité de nos accords. Il faudrait que François Bayrou dise clairement les choses… ce qu’il ne fait pas», avertit un UDI. Réponse d’un membre du Modem à l’envoyeur: «Au sein de l’UDI, il y a toujours une concurrence entre les différents courants, mouvements et micro-partis, ce qui entraîne une tension permanente. Halte à la surenchère».