Municipales 2014: L’UMP a proposé à Charles Beigbeder la 3e place dans le 8e arrondissement

Alexandre Sulzer
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Charles Beigbeder, le 5 novembre 2013 à Paris.
Charles Beigbeder, le 5 novembre 2013 à Paris. — WITT/SIPA

C’était l’opération de la dernière chance pour éviter la dissidence de Charles Beigbeder qui entend fédérer avec des listes «Paris libéré» les déçus de la droite. L’UMP a proposé à l’homme d’affaires d’accepter la troisième position de liste dans le 8e arrondissement. Une option, confirmée par plusieurs sources à 20 Minutes, qui rendait obligatoire de passer le député et conseiller de Paris sortant Pierre Lellouche, actuellement numéro 2 derrière Martine Mérigot, en numéro 1 pour respecter l’alternance hommes-femmes sur la liste

Mais c’est un «niet» catégorique que Charles Beigbeder a renvoyé. «Je préfère être tête de liste que numéro trois», affirme-t-il à 20 Minutes. Pourtant, il y a quelques semaines, il se battait face au filloniste Pierre Lellouche pour la deuxième place. «Si j’avais été numéro deux, nous aurions pu faire un beau score. Mais si Pierre Lellouche est numéro 1, il y aura de toute façon une liste dissidente de Chantal Tiberghien et d’Alain Du Brusle [numéros 2 et 3 de la liste Beigbeder]. Et cette liste aura au moins un conseiller de Paris.» Dans ce scénario, pense donc Charles Beigbeder, la position de numéro 3 n’est pas éligible au conseil de Paris. Ce qui explique son refus qu’il a eu l’occasion de formuler par téléphone vendredi soir à Jean-François Copé dont il est pourtant un proche.

Lebel sur la liste UMP

Charles Beigbeder prend tout de même soin de préciser que son envie de mener sa propre liste est avant tout motivée par la volonté de «donner plus de place à la société civile» dans la campagne… Pierre Lellouche confirme avoir entendu parler de ce scénario dans lequel il mènerait la liste. Mais le refuse. «J’ai un accord local avec Martine Mérigot, je m’y tiens. De toute façon, je ne veux pas être maire d’arrondissement», indique-t-il. Avec un peu de mauvaise foi puisque diriger une liste ne le contraint pas à devenir maire d’arrondissement. «De toute façon, si un accord avait été trouvé, il aurait été obligé de plier, ça le dépasse», assure un élu filloniste, en référence à la bataille qui se joue derrière entre copéistes et fillonistes.

Conformément à son accord local, Pierre Lellouche indique que le maire sortant du 8e, François Lebel, aura une place sur la liste UMP pour un «titre honorifique de conseiller d’arrondissement». Ce qui pourtant avait été exclu par NKM qui avait conditionné son soutien à Martine Mérigot au départ définitif de François Lebel dont des propos, considérés comme homophobes, ne passaient pas. «On va se retrouver avec lui sur nos listes, soupire un proche de NKM. Mais que voulez-vous, il faut savoir faire des concessions.» Et accepter des risques. L’équipe NKM soupçonne François Lebel de vouloir être élu maire d’arrondissement une fois élu conseiller avec la complicité de Martine Mérigot dont il est proche. Ce que l’intéressé dément formellement. «On est obligé de vivre avec ce risque», assure-t-on dans l’entourage de NKM.