Municipales 2014: La liste dissidente «Paris libéré» menée par Beigbeder pèsera-t-elle face à NKM?

Anne-Laetitia Beraud
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Charles Beigbeder, le 5 novembre 2013 à Paris.
Charles Beigbeder, le 5 novembre 2013 à Paris. — WITT/SIPA

Hors de question de «céder au chantage», répète la candidate UMP à la Mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet depuis décembre et l’annonce, par Charles Beigbeder, de monter une liste dissidente à droite. L’homme d’affaires, écarté de la deuxième place de la liste du 8e arrondissement de la capitale au profit de Pierre Lellouche, présentera mardi matin ses listes dans tous les arrondissements parisiens au Café Marguerite, dans le 1er.

Une fleur, la marguerite, sera l’emblème de cette liste. Un nom, «#ParisLibéré», devient un hashtag (mot-dièse) en vogue ce lundi sur Twitter. Et un vœu: incarner «un concurrent complémentaire» à NKM «pour battre Hidalgo» et «mobiliser des Parisiens qui ne se seraient pas mobilisés s'il y avait uniquement les listes NKM», affirme-t-il sur LCI/Radio Classique ce lundi (à voir ci-dessous).



 

Parmi les soutiens affichés de Charles Beigbeder, qui se présentera dans le 8e, figurent des ex-UMP recalés des listes de NKM: Dans le 10e arrondissement, Serge Federbusch mènera la charge face à Déborah Pawlik, tandis que Géraldine Poirault-Gauvin affrontera le député-maire UMP Philippe Goujon dans le 15e. Dans le 17e, le jeune Thomas Rebaud affrontera la maire sortante UMP Brigitte Kuster, a déclaré Charles Beigbeder à l'AFP. Quant au 3e arrondissement, parallèlement à la dissidence filloniste Philippe Dominati, Jacky Majda (UDI) rallie Beigbeder face à la liste de la copéiste Marie-Maure Hurel, candidate officielle de l'UMP.

Acquérir le maximum de grands électeurs

Quant aux dissidents qui n’ont pas encore rallié officiellement la marguerite, il n’y a pas vraiment de doute du côté de Roxarte Decorte (18e) qui rappelle à propos sur Twitter ce lundi matin que «beaucoup  de têtes de liste de NKM ont été dissidents 2001», ce qui ne les a pas empêchés d’être élus…

#Paris2014 bp têtes de liste de nkm ont été dissidts 2001 #Legaret #Berthout #Lecoq 2004 #Debré #Goujon 2008 #Mérigot 2012 #Kuster #Périfan
— Roxane Decorte (@RoxaneDecorte) 6 Janvier 2014

Dans le 16e, l’ex-UMP David Alphand pourrait rejoindre la liste de «Paris libéré». Dans ce même arrondissement, la conseillère sortante (UDI) du 16e Valérie Sachs réfute, pour le moment, toute alliance avec Beigbeder: Avec huit personnalités UDI parisiennes en rupture, «nous n'irons pas à la conférence de presse de Charles Beigbeder mardi, même si la porte n'est pas fermée», explique-t-elle à 20 Minutes. «Il reste des points à régler, notamment sur le positionnement politique et l'appellation "Paris libéré" qui est mauvais et peut engendrer de mauvaises interprétations. Quant au symbole de la marguerite, cela nous fait hurler de rire. Au vu de la situation tellement délicate à Paris, nous n'avons aucune envie de tomber dans les bras de quelqu'un qui ne penserait qu'à lui-même».

«Retenez-moi ou je fais un malheur»

Quant à Dominique Tiberi, dans le 5e, qui se présentera contre Florence Berthout, investie par l’UMP, il garde pour le moment le silence.

Pour Nathalie Kosciuko-Morizet, l’ironie semble la meilleure des réponses face à ces dissidences. «Ce sont des gens qui en fait voulaient être sur mes listes et qui pour certains d'entre eux aujourd'hui font du chantage genre "retenez-moi ou je fais un malheur" en disant je voulais être numéro 2 on me propose numéro 4 c'est scandaleux», explique la candidate sur RTL lundi matin. La candidate note d’ailleurs «avec grand intérêt» les sondages créditant «de 1 %, voire de 2 %, Marie-Claire Carrère-Gée dans le 14e et Géraldine Poirault-Gauvin dans le 15e arrondissement», relève Paris-Match

Si, au cas par cas, ces candidatures dissidentes ne pèseront pas forcément dans les arrondissements face à celles menée par NKM, elles emporteront toujours des voix indispensables aux listes de la candidate UMP pour gagner un maximum de conseillers d’arrondissements et de conseillers de Paris. Car ce seront ces grands électeurs, au nombre de 163 et traditionnellement placés en début de liste, qui éliront le Maire de Paris. Ainsi, les dissidences dans les 15e, 18e, 16e, mais aussi le 14e, des arrondissements très peuplés qui envoient le plus de conseillers de Paris à l’Hôtel de Paris, sont les plus périlleuses pour Nathalie Kosciuko-Morizet. Selon un sondage Ifop pour le JDD dimanche, la candidate UMP reste derrière sa rivale socialiste, NKM obtenant au premier tour 38,5%, contre 39,5% pour Anne Hidalgo. Cette dernière l’emporterait d’ailleurs au second tour avec 52,5% des suffrages.