Info «20 Minutes»: Géraldine Poirault-Gauvin officialise jeudi sa dissidence dans le 15e arrondissement

Alexandre Sulzer
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 La jeune élue UMP du 15e arrondissement de Paris Géraldine Poirault-Gauvin.
 La jeune élue UMP du 15e arrondissement de Paris Géraldine Poirault-Gauvin. — DR

Elle avait mis en garde. Elle concrétise sa menace. Selon nos informations, Géraldine Poirault-Gauvin officialisera jeudi en début de soirée sur France 3 Ile-de-France le lancement de sa liste dissidente dans le 15e arrondissement. Cette conseillère (UMP) de Paris sortante, copéiste, n’a pas été intégrée dans la liste du maire (UMP) sortant, le filloniste Philippe Goujon. Un casus belli pour cette jeune élue qui mènera campagne sous la thématique de la proximité. Elle mettra son prénom et non son nom de famille sur les tracts.

Car Géraldine Poirault-Gauvin a fait de l’attachement à son arrondissement sa marque de fabrique. C’est ainsi qu’elle a fait savoir qu’elle avait refusé une position de numéro 2 dans le 18e arrondissement (derrière Pierre-Yves Bournazel dont elle est proche) ou de numéro 3 dans le 8e. «Je refuse de faire du tourisme électoral», a-t-elle coutume de répéter. Début octobre, elle dénonçait au sujet de la gestion du 15e arrondissement une «certaine forme de caporalisation où tous les élus doivent s’aligner sur les positions fixées par Philippe Goujon».

«Elle entrave les chances de victoire»

«Je ne suis pas une dissidente dans l’âme mais aujourd’hui, la situation est telle qu'il faut des gestes forts. Je n’ai plus qu’à appuyer sur le bouton pour présenter une liste alternative», prévenait-elle déjà. Récemment, après avoir demandé une position éligible, elle avait revendiqué la place de numéro 1 sur la liste. Le ton était monté encore d’un cran récemment quand l’élue avait dénoncé au Conseil de Paris des passe-droits pour l’attribution de places en crèches.

«Toute dissidence nuit aux intérêts du mouvement et entrave les chances de victoire», réagit Philippe Goujon dont Géraldine Poirault-Gauvin a été la suppléante pendant de nombreuses années à l’Assemblée nationale. «C’est moi qui l’ai détectée il y a quinze ans. C’est grâce à moi qu’elle a été adjointe au maire d’arrondissement, conseillère de Paris, conseillère régionale… Aux sénatoriales, elle est partie en dissidence [avec Pierre Charon]. Depuis, ses attaques contre la mairie du 15e arrondissement sont pires que celles de la gauche.» Avec Pierre Charon, les discussions pour l’intégrer sont «toujours en cours» car lui «n’a pas passé les deux dernières années à me taper dessus».

Prochainement exclue de l’UMP

Philippe Goujon ne porte-t-il pas une responsabilité en refusant de l’intégrer sur sa liste? «Elle s’est exclue d’elle-même, répond-il. Elle s’est engagée dans une voie sans issue et cela profite à Anne Hidalgo. On ne peut pas mener les pires attaques contre moi et quémander une place sur ma liste.» Le maire du 15e arrondissement et patron de la fédération parisienne de l’UMP rappelle que, comme tous les dissidents, Géraldine-Poirault-Gauvin sera prochainement exclue de l’UMP.

Il n’envisage pas davantage de lui laisser une place au second tour de l’élection. Quant à un éventuel maintien de Géraldine Poirault-Gauvin [si elle fait plus de 10%], Philippe Goujon, qui rappelle que seule la conseillère d’arrondissement Catherine Marguerite se présente contre lui, ne «l’imagine pas une seule seconde».