Municipales 2014: Les logements sociaux occupés par des élus agitent la campagne à Paris

POLITIQUE La multiplication des affaires de ce type pousse les candidats à faire des propositions sur ce thème...

Jérôme Comin, Alexandre Sulzer et Oihana Gabriel

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Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo en campagne pour les municipales à Paris.
Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo en campagne pour les municipales à Paris. — A. GELEBART et V. WARTNER / 20 MINUTES

 La question des élus vivant dans des logements sociaux prend ses quartiers durant la campagne municipale à Paris. Après Jean-Jacques Giannesini et Jack-Yves Bohbot, respectivement chefs de file UMP investis par NKM dans les 19e et 11e arrondissements, c’est au tour de Geoffroy Boulard, adjoint (UMP) à la Sécurité dans le 17e arrondissement de Paris, de se faire épingler pour occuper un logement social. Dans une ville où le logement est un thème capital, surtout en période électoral, le sujet pousse les candidats à la Mairie de Paris à prendre position.

Une «question de décence» pour NKM

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, la situation est claire: aucun conseiller de Paris UMP élu ne devra occuper un logement social. Et ce même s’il entre dans les conditions légales d’attribution. «Question de décence», assure la candidate à 20 Minutes qui rappelle que 130.000 personnes sont sur liste d’attente. Dès que les listes seront officiellement constituées, cette règle s’appliquera aux candidats en positions éligibles. Cette situation ne s’appliquera pas aux conseillers d’arrondissement qui ne devront en revanche pas siéger dans les commissions d’attribution des logements sociaux pour éviter les conflits d’intérêt. Reste une question à trancher: quelle position adopter pour les candidats qui ne sont pas sûrs d’être élus conseillers de Paris? Difficile de leur demander de quitter leur logement social mais ne pas le faire serait contradictoire avec l’engagement de la candidate. NKM réfléchit du coup à une position intermédiaire qui consisterait à demander à ces candidats un engagement écrit en cas d’élection à l’Hôtel de Ville.

Hidalgo propose une commission indépendante de déontologie

Du côté socialiste, la question du logement social fait aussi l’objet d’une réflexion. Si Anne Hidalgo veut faire preuve d'«exemplarité», elle ne prône pas pour autant une interdiction systématique. Pour ceux qui l'auraient obtenu avant 2001 - ou qui intégreraient le Conseil de Paris en mars et seraient locataires de la Ville -, elle annonce au Figaro qu'une «commission indépendante de déontologie sera mise en place». Et «nul n'échappera à cette commission constituée de personnes indépendantes», ajoute la candidate PS dans les colonnes du quotidien de mercredi.

Christophe Najdovski, candidate EELV, se montre, lui, plus mesuré. «Si les personnes logées dans le privées sont les seules à pouvoir se présenter, on serait dans un suffrage censitaire, explique-t-il à 20 Minutes. Mais une fois qu’on est élu on doit montrer l’exemple. Je suis favorable à ce qu’il y ait une démarche individuelle pour rendre son logement social, mais pas à une règle.» Une philosophie qui se rapproche de celle du Parti de gauche. Alexis Corbière, conseiller de Paris et secrétaire national du PG, affirme ainsi au Figaro qu’il est prêt à se battre «contre ceux qui voudraient imposer le suffrage censitaire, c'est-à-dire exclure des élections les classes moyennes ou populaires».

Réaction

Concernant la situation de l'élu du 17e Geoffroy Boulard, Nathalie Kosciusko-Morizet, interrogée par 20 Minutes, refuse de s’exprimer sur ce cas particulier alors que les listes ne sont pas constituées. Mais dans l’entourage de la candidate, on laisse entendre que, de toute façon, Geoffroy Boulard n’a pas sa place en position éligible comme conseiller de Paris.