Municipales 2014: Le frontiste Wallerand Saint-Just veut percer à Paris

Anne-Laetitia Béraud

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Marine Le Pen présente à la presse Wallerand de Saint-Just, le candidat du Front national à la mairie de Paris, le 26 juin 2013.
Marine Le Pen présente à la presse Wallerand de Saint-Just, le candidat du Front national à la mairie de Paris, le 26 juin 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES
«Entre le Front national et Paris, c’est une relation d’un amour éconduit, elles n’ont jamais été véritablement au beau fixe. Est-ce qu’il y a eu une incompréhension? Peut-être. Mais on ne laisse pas Paris de côté». Séduire Paris en 2014 représenterait une bataille de cœur pour Wallerand de Saint-Just, petites lunettes-moustache-pochette avec «un petit air vieille France», selon ses mots, chef de file du Front national pour les municipales. Domicilié à Boulogne (Hauts-de-Seine), Wallerand de Saint-Just se présente dans le 17e arrondissement de la capitale.
 

«Notre but, c’est l’élection de nombreux conseillers municipaux.»

Le trésorier du FN reste peu connu en dehors des cercles frontistes. Mais cet avocat de 62 ans compte bien sur les municipales, et la médiatisation qui en découle, pour faire progresser les scores de son parti à Paris. Car le bilan reste maigre: en 2001 et 2008, le FN a rassemblé 3,47% puis 3,17% des voix, avant que Marine Le Pen totalise 6,20% à la présidentielle de 2012.
 
La tâche est donc rude pour ce vieux routier du FN en Picardie, dont il est conseiller régional. Une terre picarde qu’il connaît bien: secrétaire départemental de la fédération FN de l'Aisne pendant vingt ans, il est élu au conseil régional de Picardie depuis 1992. Avec un écart: en 1989, il mène campagne aux municipales contre Jacques Chirac dans le 5e arrondissement de Paris.
 
Dans une campagne électorale parisienne «bipolarisée» par les «deux candidates [PS et UMP] bling-bling», dénonce Marine Le Pen, le candidat Wallerand de Saint-Just veut y croire, mais reste lucide: «Certes, la sociologie nous est moins favorable que dans un bourg de la Somme, confie-t-il à 20 Minutes. Nous ne gagnerons peut-être pas ce coup-ci. De toute façon, notre but, c’est l’élection de nombreux conseillers municipaux.» Une ambition nourrie par certains sondages qui placent le FN en 3e position à Paris avec 8% des intentions de vote dans la capitale.
 

Le «bobo» dans le viseur

La raison d’une percée frontiste à Paris? Selon Wallerand de Saint-Just, une partie de l’électorat UMP sensible aux idées Patrick Buisson – ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, auteur du virage de la «droitisation» de l’ancien chef d’Etat - pourrait se détourner de Nathalie Kosciusko-Morizet, car considérée «trop bobo». Du «bobo» honni par le frontiste: «Par rapport aux deux candidates qui veulent un Paris de la fête, du tourisme et du boboïsme, je ne suis pas ringard. Je tranche, j’incarne le sérieux», ajoute-t-il.
 

Un domaine où il est en revanche à la pointe de la modernité, c’est la justice. Avocat historique du Front national depuis la fin des années 1990, il défend Jean-Marie Le Pen avant de s’atteler à la défense de Marine Le Pen, la présidente du parti attaquant régulièrement pour diffamation.