Elections municipales : Le radical lillois a repris sa liberté

MUNICIPALES Jacques Mutez, actuel adjoint au Commerce de Martine Aubry, est candidat à Lille...

Olivier Aballain

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M.Libert/20 Minutes

Jacques Mutez y va la fleur au fusil. A 67 ans, l'adjoint de Martine Aubry présente pour la première fois sa candidature aux municipales. Il faisait même partie des premiers lancés, sans l'aval du parti radical de gauche où il militait depuis 1982. Désavoué par sa direction nationale, il a rendu son tablier de président départemental du PRG. Et se déclare aujourd'hui «sans étiquette». C'est encore ce qui va le mieux à cet adjoint au Commerce, souvent en porte-à-faux au sein de la majorité.

Campagne de réseau

Ancien fonctionnaire du ministère des Transports puis délégué régional d'un syndicat de patrons routiers (FNTR), Jacques Mutez suit rarement le courant dominant Verts-PS. Au point, même, de regretter en conseil municipal le temps où le parc JB-Lebas était un parking gratuit. Habitué à se faire rembarrer en conseil municipal – lundi, Martine Aubry l'a coupé au bout de 5 minutes –, Jacques Mutez a le cuir épais. Mais un cuir qui ressemblerait à celui d'un bon vieux fauteuil de PDG. «Mon expérience auprès des entreprises de transport m'a permis de bien connaître les chefs d'entreprises, les commerçants. A Lille, les socialistes ne savent pas comment faire avec eux.» Le résultat de la législative de juin 2012 dans la 9e circonscription, où (avec le soutien du PS) il était majoritaire dans les cantons lillois, l'a convaincu de se lancer.

Franc-maçon revendiqué, Jacques Mutez veut faire une campagne «de réseau» plutôt que de parti. Pour lui c'est sûr, chacun de ses 61 candidats saura recruter «au moins dix électeurs» en ville. De quoi dépasser le petit 1% dont le crédite un sondage BVA du 21 novembre. A un détail près: il lui manque encore six candidates pour boucler sa liste.

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■ Quatre propositions pour convaincre

Pour sa liste « Radicalement libre », Jacques Mutez veut des propositions différentes de celles du PS. Il défend donc la fusion pure et simple de Lille avec Lomme et Hellemmes (au lieu de l'association actuelle), l'amorce de discussions pour un grand Lille incluant Lezennes et Lesquin, une équipe municipale resserrée autour d'adjoints de référence et un « conseil municipal de salut public » où l'opposition se verrait confier des postes-clefs.