Municipales 2014: Le mois de novembre pourri de Nathalie Kosciusko-Morizet

Jérôme Comin

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 La candidate UMP à la Mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors d'un point presse le 13 novembre 2013.
 La candidate UMP à la Mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors d'un point presse le 13 novembre 2013. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

«November rain». Cette chanson du groupe de rock Guns’ n Roses doit tourner en boucle dans la tête de Nathalie Kosciusko-Morizet. Auteure d’un début de campagne plutôt réussie depuis sa victoire aux primaires, la candidate UMP à la Mairie de Paris a vécu un mois de novembre difficile. Entre dissidences, polémiques et sorties médiatiques critiquées, NKM est à la recherche d’un nouveau souffle qu’elle trouvera auprès de Bernadette Chirac qui l’accompagne jeudi matin lors d’un déplacement sur le thème de la santé. 20 Minutes revient sur cette période compliquée.

Le 4 novembre

Alors que plusieurs sondages affirment qu’elle est en train de réduire l’écart face sa rivale socialiste Anne Hidalgo, un sondage PollingVox, publié dans Libération, la rappelle aux réalités locales de la capitale en indiquant que NKM serait battue par la socialiste Carine Petit dans le 14e  arrondissement où elle se présente (45% au second tour) et où elle doit faire face à une liste dissidente. «C'est un tout nouvel institut de sondage, on lui fait confiance ou pas, j'ai quelques réticences», réagit la candidate UMP pour qui «un sondage d’automne dit rarement des choses intéressantes».

Le 5 novembre

Après avoir présenté ses chefs de fil en octobre, Nathalie Kosciusko-Morizet veut donner une nouvelle impulsion à sa campagne. Elle rassemble ainsi toute la presse pour présenter son programme pour les municipales. Mais si les questions fusent, c’est surtout pour interroger NKM sur la polémique liée au contrat Ecoumouv’, qu’elle avait signé avec François Fillon en 2011 alors qu’elle était ministre de l’Ecologie. Et si les socialistes se sont fait un plaisir de la critiquer, la candidate UMP à la Mairie de Paris doit aussi encaisser des coups lâchés par son propre camp.  «Je n'étais même pas au courant de cette signature de contrat avec une entreprise en charge de collecter l'impôt, tacle ainsi Rachida Dati. Ca me surprend, pour ne pas dire plus, qu'une entreprise privée et étrangère soit déléguée ou en charge de collecter l'impôt en France.»

Le 10 novembre

«Je ne sais pas à quelle heure s’arrêtent les bus à Marseille. A Paris, ils s’arrêtent à 21h.» Alors qu’elle est en train de débattre sur BFMTV (à environ 9 minutes 40 sur la vidéo) avec le candidat socialiste à la mairie de Marseille Patrick Mennucci, commet un impair sur les transports parisiens.


BFM Politique: Nathalie Kosciusko-Morizet face... par BFMTV

 

La capitale bénéficie en effet  depuis 2005 du Noctilien, un service de bus qui fonctionne toute la nuit. L’occasion est trop belle pour la gauche qui se fait un malin plaisir de la critiquer tout en rappelant sa précédente bourde concernant le prix d’un ticket de métro. 

Le 13 novembre

Le «ras-le-bol fiscal» est sur toutes les lèvres en France et NKM entend bien en profiter. Elle affirme le ainsi 12 novembre détenir un document qui prouve, contrairement à ce qu’elle affirme, qu’Anne Hidalgo augmentera les impôts si elle est élue Maire de Paris. Et dévoile à la presse dès le lendemain. Las, son attaque est parasitée par un article du Lab qui révèle que Jack-Yves Bohbot (UMP), chef de file de NKM dans le 11e, bénéficie d’un logement social dans cet arrondissement de 88 m2 pour 1.500 euros par mois charges comprises. Une affaire qui tombe plutôt mal d’autant que le 6 novembre, un autre de ses chefs de file a aussi été épinglé pour les même raisons dans le 19e.

Le 18 novembre

Quand ça veut pas… Alors qu’elle est interrogée par le magazine Elle, NKM explique que «Le métro est pour moi un lieu de charme, à la fois anonyme et familier. Je prends souvent les lignes 13 et 8 et il m’arrive de faire des rencontres incroyables. Je ne suis pas en train d'idéaliser le métro, c'est parfois pénible, mais il y a des moments de grâce.» Il n’en fallait pas moins pour s’attirer les foudres des internautes et usagers des transports en commun sur les réseaux sociaux qui raillent sa vision romantique du métro. Pas de quoi désarçonner la candidate à la Mairie de Paris qui a contre-attaqué dès le lendemain en visant «l'association de ceux qui roulent en voiture de fonction», comprendre l’équipe municipale actuelle.

Le 18 novembre (bis)

Un malheur n’arrivant jamais seul, NKM doit composer avec une nouvelle dissidence UMP à Paris, et pas des moindres puisque c’est Dominique Tiberi, fils du maire du 5e, qui décide de se présenter dans cet arrondissement face à Florence Berthout officiellement investie par Nathalie Kosciusko-Morizet. «Le risque de faire perdre le 5e est directement issu de la désignation arbitraire de Mme Berthout, qui n'est là que pour sauver son poste de conseillère de Paris», lâche Dominique Tiberi.

Le 26 novembre

«Le fils Tiberi, il existe, et Philippe Dominati, mon ami, il existe aussi. Nathalie Kosciusco-Morizet semble ne pas le vouloir, elle a tort.» Peu épargnée par son propre camp à Paris, NKM doit aussi composer avec des attaques en provenance de Marseille. Jean-Claude Gaudin, actuel maire de la cité phocéenne, ne se pas gêne pour critiquer les choix de NKM. «Cette solidarité générationnelle est certes touchante mais chaque candidat UMP se doit avant tout d'être solidaire vis-à-vis des autres candidats de son camp, a réagi Vincent Roger, porte-parole de l'ex-ministre. Avec Nathalie Kosciusko-Morizet, nous mettons en place la révolution du renouvellement. Nous assumons.»