Municipales 2014: L’UDI se déchire sur le parachutage de l’épouse d’Yves Jégo à Paris

Alexandre Sulzer

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Yves Jégo, le 13 mai 2009, sur les bancs de l'Assemblée nationale.
Yves Jégo, le 13 mai 2009, sur les bancs de l'Assemblée nationale. — DE SAKUTIN/ AFP

Tension au centre. Alors que l’UDI et le MoDem parisiens négocient leur place avec l’UMP pour les listes aux municipales, le sénateur et conseiller de Paris Yves Pozzo di Borgo a envoyé un courrier ce mercredi au président de l’UDI Jean-Louis Borloo pour le mettre en garde contre les parachutages

«Je tiens (…) à attirer ton attention sur la nécessité de mettre en garde nos négociateurs UDI pour Paris (qui ne sont, pour la première fois dans l’histoire de nos scrutins municipaux, pas des élus parisiens) contre une dérive “politicienne” et partisane de ces discussions et à rappeler que leurs choix devront être validés par le Comité exécutif (Comex) de l’UDI», écrit dans le courrier dont 20 Minutes a eu une copie. «L’aspect composite du centre, et en particulier de l’UDI, ne doit pas déboucher sur des parachutages, sur des bricolages d’appareils et sur un vagabondage électoral qui pousse à la formation de listes dissidentes. (…) Je n’accepterai donc pas, et je le ferai savoir publiquement, que des compétences acquises durant les dernières mandatures et des candidats fortement implantées dans leurs quartiers soient sacrifiées sur l’autel des petits arrangements d’écuries centristes voire sur celui de passe-droits familiaux.»

Bisbille dans le 16e

Dans le viseur du sénateur, Ann-Katryn Jégo, l’épouse du député Yves Jégo, qui prendrait la place de Valérie Sachs, conseillère de Paris sortante, dans le 16e arrondissement. «C’est un peu fort qu’il place sa famille alors qu’il est élu en Seine-et-Marne», s’indigne-t-on dans l’entourage d’Yves Pozzo di Borgo.

«Je ne l’impose  pas, elle a sa liberté, elle a le droit d’avoir sa propre vie en politique», répond, énervé Yves Jégo qui confirme que son épouse est bel et bien «candidate à la candidature» sur la liste d’union UDI-UMP dans le 16e. «Elle a été collaboratrice d’Alain Juppé pendant quatre ans, elle faisait de la politique avant que nous nous rencontrions», fait valoir l’ancien ministre, aujourd’hui délégué général de l’UDI. «Je suis déléguée départementale de l'UDI à Paris, se défend Ann-Katryn Jégo, je ne suis pas que la femme de.» Elle explique vouloir se présenter dans le 16e car elle y habite. «Le maire de l'arrondissement est le mieux placé pour savoir avec qui il veut se présenter», tacle-t-elle en référence à l'inimitié entre Claude Goasguen et Valérie Sachs.

Et dans le 8e

Autre inquiétude à l’UDI. Que l’actuelle adjointe au maire (UDI) du 8e arrondissement, Christine Pirreda, soit remplacée sur les listes par Myriam Chetrit, collaboratrice de Patrice Gassenbach, le président de la fédération du parti à Paris. «Je ne serai pas candidate», rétorque timidement l’intéressée à 20 Minutes.

La tension tombe d’autant plus mal qu’Yves Pozzo di Borgo avait enfin accepté que l’UDI et le MoDem présentent des listes autonomes au premier tour de l’élection si les deux formations centristes n’obtenaient pas au moins 20 postes de conseillers de Paris dans les négociations avec l’UMP.